Décès
Jean-Paul Belmondo, la cascade dans la peau


Suspendu en caleçon à pois à un hélicoptère, virevoltant sur les toits, en équilibre debout sur une rame de métro… Jean-Paul Belmondo a marqué le cinéma par les spectaculaires cascades qu’il effectuait dans ses films, au prix de belles frayeurs.
« Déjà à 14-15 ans, je me baladais sur les toits, je n’ai pas le vertige! », confiait l’acteur qui n’a « jamais compris pourquoi on (lui) a tant reproché (ses) cascades ».
« L’Homme de Rio », « Peur sur la ville », « Le Guignolo », « Le Casse », « Joyeuses Pâques », « Une chance sur deux »… A plus de 60 ans, Jean-Paul Belmondo virevoltait encore dans les airs dans bon nombre de ses films. Seul son accident vasculaire cérébral en 2001 sonnera la fin de ces fameuses cascades, devenues sa marque de fabrique.
« Si je les faisais », plaisantait-il, « c’était parce que ça m’amusait. Le cinéma m’a donné l’occasion de faire des choses que je n’aurais jamais faites. Ca a commencé avec +L’Homme de Rio+ et puis je me suis retrouvé accroché à un hélicoptère au-dessus de Venise, de Paris, du Népal… Où je peux faire ça sans me retrouver au poste? »
Ses premières cascades, il les a réalisées alors qu’il était encore très peu connu. Lors du gala de l’Union des artistes où un funambule yougoslave lui a appris à rouler sur un fil assis sur une moto…
Sur les plateaux de cinéma, Bébel, doté d’une excellente condition physique, impressionnait tous ceux qui préparaient avec lui les numéros de voltige.
« Je prends mon pied »
« C’est le meilleur cascadeur que j’aie formé. Il est bien meilleur que moi ! » s’enthousiasmait Gil Delamare, le professionnel qui l’a secondé sur le tournage de « L’Homme de Rio ».
Même son de cloche chez Rémy Julienne, le monsieur cinéma de la cascade, qui l’a retrouvé sur les plateaux à 14 reprises: « avec lui, on était obligé de progresser ».
Amoureux du risque, Jean-Paul Belmondo s’est parfois fait des frayeurs dans ses numéros et a même eu droit à de sacrés accidents: entorse à la cheville gauche sur « L’Homme de Rio », cuisse déchirée après avoir traversé une fenêtre vitrée dans « Le Magnifique », main droite fracturée lors de la cascade sur les toits des Galeries Lafayette dans « Peur sur la ville ».
Dans « L’Animal » (1977), une vilaine déchirure avec entorse après avoir dévalé 80 marches d’escalier ne l’empêche pas de refaire directement la scène… le pied fortement bandé!
L’acteur lui-même plaisantait dans ses mémoires sur le fait qu’on lui ait collé cette « étiquette » de cascadeur. « Les gens aimaient ça mais pour l’intelligentsia parisienne, je ne savais plus jouer la comédie: j’étais devenu un cascadeur ».
De fait, dans les années 1970 et 1980, à la sortie de chaque « Belmondo », on parlait davantage des cascades que du film lui-même.
Mais lui n’en avait cure: « Je prends mon pied, sans penser au danger. Je calcule toujours les risques avant mais quand c’est parti, je ne recule pas. Si un jour j’en ai assez, alors je dirai les textes de Duras ».





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