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Économie

IA et Défense : Arthur Mensch écarte toute ingérence de Mistral dans les choix militaires

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Le dirigeant de la start-up française d’intelligence artificielle affirme que son entreprise n’a pas à dicter les usages de ses technologies par les armées, tout en défendant une position nuancée sur la responsabilité éthique.

Arthur Mensch, à la tête de la jeune pousse Mistral, a estimé que sa société ne devait pas intervenir dans les décisions relatives à l’emploi de ses outils par les forces armées. Interrogé en marge d’une conférence parisienne sur l’intelligence artificielle, il a souligné que les choix de déploiement et d’utilisation incombaient aux seuls militaires. Les activités de défense représentent actuellement entre 10 et 15 % du chiffre d’affaires de l’entreprise, laquelle collabore avec les armées française, singapourienne et luxembourgeoise.

Mistral fournit une plateforme logicielle intégrant des agents d’intelligence artificielle, des assistants semi-autonomes capables de traiter et d’agréger des données issues de sources variées. Selon Arthur Mensch, ces outils se révèlent particulièrement utiles pour les états-majors ou la coordination tactique sur le terrain. L’entreprise a également noué un partenariat de cinq ans avec Airbus dans le domaine de la défense et déploie des modèles d’IA compacts destinés à équiper des systèmes d’armement ou des drones.

Le dirigeant de 33 ans a rejeté les postures qu’il qualifie d’idéologiques, estimant que son groupe n’avait pas à dicter leur conduite à des professionnels de la défense qui connaissent leur métier et les menaces. Il a rappelé que la légitimité du ministère de la Défense surpassait largement celle d’une entreprise technologique. Toutefois, il a précisé que Mistral assumait la responsabilité de choisir ses partenaires et de garantir une souveraineté absolue dans l’utilisation des armes.

Cette prise de position intervient dans un contexte où les préoccupations éthiques autour de l’IA militaire agitent le secteur. Le concurrent américain Anthropic a suscité des remous en refusant de mettre ses outils à disposition du Pentagone pour la surveillance de masse ou l’autonomisation totale des armes. En réponse, le département américain de la Défense a engagé des poursuites judiciaires et sélectionné d’autres acteurs comme SpaceX, OpenAI ou Google pour ses opérations classifiées. Par ailleurs, des employés du laboratoire Deepmind, filiale de Google, se sont mobilisés au Royaume-Uni contre l’usage militaire de leur technologie.

Mistral a également annoncé travailler sur le développement d’une intelligence artificielle générale, un projet qui suscite des débats passionnés, notamment aux États-Unis. Arthur Mensch a balayé les craintes d’une IA incontrôlable, affirmant que les modèles étaient toujours déployés dans des environnements où il était possible de les débrancher. Il a insisté sur l’importance de la sécurité, évoquant la mise en place de barrières pour empêcher des actions déraisonnables, un enjeu crucial pour les clients de l’entreprise.

En matière de cybersécurité, le dirigeant a confirmé le développement d’un produit destiné aux entreprises, face à l’absence d’accès des sociétés européennes, notamment les banques, aux modèles d’IA les plus avancés. Il a souligné la nécessité de se doter de systèmes de défense capables de contrer des attaquants eux-mêmes équipés d’intelligence artificielle, précisant que ce produit serait disponible dès cette année.

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