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Hong Kong resserre l’étau sur les machines à pince

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Face à la multiplication des plaintes pour addiction, les autorités hongkongaises proposent un encadrement plus strict des salles de machines à pince.

Ces appareils aux lumières chatoyantes ont envahi rues et centres commerciaux de la place financière, offrant aux joueurs un instant de satisfaction éphémère. Neiki Lee, employée de bureau de 48 ans, confie être complètement dépendante du frisson qu’ils procurent. Elle estime avoir englouti près de 100 000 dollars hongkongais en deux ans, soit presque la moitié de son salaire annuel. Pour une peluche de 70 dollars, il lui est arrivé de dépenser sept à dix fois plus sans jamais l’attraper. Chaque jour, elle se reproche cette addiction et jure d’arrêter, mais en vain.

Tommy Yu, 23 ans, dépense lui aussi plusieurs centaines de dollars par jour. Il affirme que certaines machines sont conçues avec des mécanismes piégeux. « Quand on mise sans rien gagner, on a l’impression d’avoir perdu, et pourtant cela pousse à continuer », explique-t-il. Le conseiller en addictologie Chu Ho Ming souligne que plus les joueurs investissent, plus il leur est difficile de repartir les mains vides, un phénomène appelé effet des coûts irrécupérables qui alimente la boucle addictive. Son équipe observe une hausse des jeunes attirés par des jeux comportant des éléments de hasard.

Les exploitants de machines à pince ont prospéré sans licence spécifique depuis qu’un tribunal a jugé en 2022 qu’ils n’étaient pas soumis aux obligations des divertissements publics. Mais l’augmentation des plaintes ces deux dernières années a poussé les autorités à proposer un durcissement réglementaire. Elles qualifient la situation issue de ce jugement de peu satisfaisante et se disent déterminées à s’attaquer aux problèmes profonds, face à une diversité extrême de conceptions et de modèles économiques.

Certains députés suggèrent de plafonner la valeur des lots à 300 dollars, à l’image du Royaume-Uni ou de Singapour. Matthew Chan, propriétaire de trois boutiques, estime qu’un durcissement est nécessaire car le secteur va dans la mauvaise direction. Il déplore la lenteur du gouvernement, rappelant qu’à Taïwan les machines doivent garantir un gain au-delà d’un certain montant dépensé. Selon lui, le marché se contracte déjà, les consommateurs ayant perdu confiance, et certains exploitants augmentent artificiellement la difficulté pour retenir les joueurs.

Neiki Lee doute que de nouvelles règles puissent vraiment changer la donne. Elle juge impossible d’appliquer une loi parfaitement équitable dans ce secteur. « Il est difficile d’éradiquer les problèmes d’addiction simplement en votant une loi », conclut-elle.

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