Europe
Hegseth lance un avertissement aux Européens depuis les plages du Débarquement
Le secrétaire américain à la Défense a profité des commémorations du 6 juin pour redemander aux alliés d’en faire plus. Et dans un même souffle, il a…

Le secrétaire américain à la Défense a profité des commémorations du 6 juin pour redemander aux alliés d’en faire plus. Et dans un même souffle, il a comparé l’immigration à une « invasion » des côtes européennes.
Il avait choisi de ne pas participer à la cérémonie internationale prévue plus tard dans la journée. Pete Hegseth s’est rendu au cimetière militaire américain de Colleville-sur-mer, face aux 9 387 croix blanches des soldats tombés en Normandie. Là, il a livré un discours qui mêlait hommage aux héros du Débarquement et appels du pied appuyés à ses partenaires européens. « Les hommes enterrés ici ont combattu au sein d’une alliance où chaque partenaire a apporté sa mesure de courage et de sacrifice », a-t-il rappelé. « Pas de slogans creux, pas de sommets fastueux, pas de communiqués », a-t-il ironisé, pour mieux souligner que, en 1944, « chaque nation a saigné, a pris sa part. »
Le message est clair : l’Amérique continuera de montrer la voie, mais elle attend que ses alliés soient « épaule contre épaule ». Hegseth a insisté sur la nécessité pour les Européens de faire davantage pour leur propre défense. Une demande récurrente de Washington, mais qui prend une tonalité particulière en ce 82ᵉ anniversaire du Jour J. Sans citer aucun conflit précis ni l’Ukraine, ni l’Iran, il a affirmé que « la paix n’est garantie que si chacun se tient prêt ». Devant lui se tenait la ministre française déléguée aux Anciens combattants, Catherine Vautrin, qui n’a pas réagi sur le moment.
Mais le passage qui a fait basculer le discours est venu plus tard. Hegseth a soudain glissé vers une analogie entre le Débarquement et ce qu’il appelle « l’assaut de différentes plages européennes » aujourd’hui. « En Espagne, en Italie, en Grèce, en Bulgarie, des bateaux et des hommes débarquent », a-t-il attaqué. « Les capitales européennes agiront-elles contre cette invasion ou est-il déjà trop tard ? » a-t-il lancé, avant de conclure sur une note biblique. Une sortie qui a immédiatement suscité des réactions, beaucoup y voyant une instrumentalisation politique de la mémoire du Débarquement. L’opération du 6 juin 1944 reste pourtant un exemple unique de coalition militaire, avec 132 700 soldats venus de multiples pays alliés pour libérer l’Europe du nazisme.
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