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Politique

Gouvernement au Sénégal le parti de Sonko dit non mais ses proches disent oui

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Après des semaines de tensions et la rupture entre le président Faye et son ex-Premier ministre Ousmane Sonko, un nouveau gouvernement a été dévoilé ce lundi. En pleine crise financière, le parti Pastef refuse officiellement d’y participer, mais plusieurs de ses membres et alliés sont pourtant de la partie.

Le nouveau Premier ministre Amadou Mohamed Lô a présenté une liste de trente ministres. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle ne correspond pas à ce que venait d’annoncer Ousmane Sonko. Quelques minutes avant l’annonce, le leader du Pastef avait posté un communiqué clair et net. Son parti ne prendrait pas part au prochain gouvernement. La raison invoquée est un désaccord profond sur la place de la majorité dans l’exécutif. Selon Sonko, ses propositions n’ont pas obtenu de réponse favorable de la part du président. Alors il a donné pour consigne à ses troupes de rester en dehors de cette administration.

Pourtant, en regardant la liste des ministres, on retrouve des figures connues du parti. Des noms comme Moussa Bala Fofana à l’Urbanisme ou Yankhoba Diémé aux Forces armées. Ce sont des membres ou des alliés du Pastef, même si le grand public les connaît moins. Le président Faye a aussi reconduit plusieurs ministres de l’ancienne équipe, notamment ceux des Finances, de l’Éducation et de l’Assainissement. Un signal fort en pleine tourmente budgétaire. Car le pays fait face à une grave crise financière, et la stabilité économique reste une priorité.

Ce nouveau gouvernement marque un tournant politique majeur. Faye et Sonko, autrefois inséparables, sont désormais à couteaux tirés. Leur duo avait triomphé à la présidentielle de mars 2024 sur le slogan « Sonko c’est Diomaye ». Mais les divergences ont grandi. Sonko, empêché de se présenter pour une condamnation, avait choisi Faye comme candidat. Depuis, les choses se sont gâtées. En mai, Faye a limogé son Premier ministre, puis Sonko a été élu président de l’Assemblée nationale. Aujourd’hui, le parti majoritaire au Parlement reste en opposition officielle vis-à-vis du gouvernement. Une situation inédite qui laisse planer le doute sur la capacité à gouverner sereinement. Le nouveau Premier ministre a tenté de calmer le jeu en rappelant que l’État doit primer sur les intérêts partisans. Mais avec un parti qui refuse de participer et des alliés qui occupent des postes, le jeu d’équilibre ne fait que commencer.

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