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Gérald Darmanin à Alger pour renouer les liens judiciaires franco-algériens

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Le garde des Sceaux entame une visite éclair à Alger lundi, dans le but de relancer la coopération judiciaire entre Paris et Alger, alors que les relations bilatérales semblent connaître une embellie notable.

Le ministre français de la Justice se rend dans la capitale algérienne pour une journée de discussions consacrées à la restauration des échanges judiciaires entre les deux pays. Ce déplacement, qualifié d’inédit par son ampleur, intervient après plusieurs mois de tensions diplomatiques et s’inscrit dans un mouvement de rapprochement amorcé par des visites récentes de responsables français, notamment ceux de l’Intérieur et des Armées. La venue prochaine du ministre algérien de l’Intérieur à Paris confirme cette dynamique positive, selon des sources proches du dossier.

La lutte contre la criminalité organisée figure parmi les priorités de cette rencontre. La justice française a adressé une dizaine de demandes d’entraide concernant des figures de la DZ mafia qui pourraient se trouver en Algérie. Bien que peu nombreux, ces individus sont jugés essentiels pour l’avancement des procédures judiciaires en cours, en particulier pour retracer les circuits financiers. Paris espère reproduire le succès obtenu avec le Maroc, qui avait permis l’extradition d’un chef de clan rival. L’objectif affiché est de renforcer la sécurité collective par une coopération renouvelée.

Pour la première fois, le ministre sera accompagné du procureur national financier, une présence rare dans les déplacements internationaux. Cette initiative vise à répondre aux demandes algériennes concernant des biens mal acquis en France, après un passé marqué par un manque de coordination. La procureure nationale anti-criminalité organisée fera également partie de la délégation. L’ambition est de fluidifier les échanges pour éviter que chaque dossier ne nécessite une intervention ministérielle.

Le cas du journaliste français Christophe Gleizes, incarcéré en Algérie depuis près d’un an pour apologie du terrorisme, sera abordé avec discrétion. Les autorités françaises estiment que la voie la plus prometteuse pour sa libération passe par une grâce présidentielle, d’autant que le journaliste n’a pas formé de pourvoi en cassation. Un diplomate français a déjà pu lui rendre visite, suite à un accord obtenu lors d’une rencontre entre la ministre déléguée aux Armées et le président algérien.

Par ailleurs, le sort d’un agent consulaire algérien détenu en France dans le cadre d’une enquête judiciaire sera évoqué. Ce dernier bénéficie de droits de visite, dans le respect de l’indépendance de la justice française. Aucune rencontre avec le président algérien n’est officiellement prévue, mais une telle audience n’est pas exclue.

Ce réchauffement se traduit déjà par une reprise significative des laissez-passer consulaires pour l’expulsion d’individus dangereux, passant de zéro à plusieurs centaines ces derniers mois. La Chancellerie souligne que le travail bilatéral s’effectue désormais en confiance, estimant que les approches trop vindicatives n’avaient jusqu’ici produit aucun résultat tangible.

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