Planète
Forêts en danger, l’ultime combat des arbres contre la chaleur
Face aux canicules répétées, les arbres adoptent des stratégies de survie parfois fatales. La mortalité forestière a doublé en dix ans en France.
Au cœur de la forêt de Fontainebleau, un chêne ne transpire plus. Son tronc nu annonce une mort certaine, symptôme d’un malaise qui gagne l’ensemble des massifs français. Autour de lui, ses congénères luttent, chacun à sa manière, contre la chaleur et les sécheresses qui s’enchaînent. Les spécialistes des forêts observent ce combat silencieux et sans merci.
Tous les arbres souffrent, mais leurs réactions diffèrent selon les essences et les sols. Comme les humains, ils transpirent pour réguler leur température. Lorsque la chaleur devient extrême, l’évapotranspiration s’accélère, et les chênes, pins ou hêtres mettent en place des mécanismes d’économie d’eau. Certains ferment rapidement leurs stomates, ces minuscules pores sur les feuilles, pour limiter les pertes. Mais en stoppant la photosynthèse, ils risquent de mourir de faim faute d’énergie. D’autres, au système racinaire profond, continuent d’aspirer les réserves du sol, mais s’exposent alors à la déshydratation.
Un arbre peut prélever jusqu’à deux cents litres d’eau par jour. L’eau remonte du sol vers la cime sous l’effet d’une forte aspiration. Quand cette tension devient trop élevée, des bulles d’air se forment dans les vaisseaux, bloquant la circulation de la sève. C’est l’embolie gazeuse, fatale lorsque trop de vaisseaux sont touchés.
Les épisodes de chaleur et de sécheresse se multiplient en Europe, et les forêts tempérées en paient le prix. La France, qui possède la forêt la plus diversifiée du continent, a vu la mortalité de ses arbres doubler en dix ans. Un tiers des essences pourraient dépérir d’ici 2050, car le changement climatique impose en quelques décennies un choc thermique équivalant à dix mille ans d’évolution.
Les signes sont visibles. Dans une parcelle suivie depuis plus de trente ans, certains chênes gardent un houppier dense, d’autres se dégarnissent, d’autres encore sacrifient des branches pour survivre. On ignore encore pourquoi certains arbres se rétablissent et d’autres non. L’espèce, la génétique, la nature du sol et le microclimat jouent un rôle complexe. La canicule de 2018 a brûlé un groupe de pins à Fontainebleau, mais d’autres conifères voisins restent vigoureux.
Le chêne n°37, lui, ne se remettra pas. Son tronc dénudé ne trompe pas. Un de ses voisins pourrait repartir l’année prochaine, ou alors s’éteindre lentement, encaissant les coups jusqu’à l’épuisement final. Certaines espèces méditerranéennes résistent mieux grâce à des feuilles petites et coriaces, recouvertes d’une cuticule imperméable qui limite l’évaporation.
Les gestionnaires forestiers étudient ces réponses pour aider la forêt à s’adapter. Contre la canicule, l’action humaine est limitée. Mais comprendre quelles essences seront adaptées dans un siècle permet d’orienter les choix d’aujourd’hui.
-
SportsEn Ligne 6 joursLe triomphe amer de Narbonne : une montée en Pro D2 sous le signe des rancœurs
-
Faits DiversEn Ligne 4 joursUne adolescente de 16 ans fauchée par un camion-toupie à Alfortville
-
SportsEn Ligne 4 joursDavide Ancelotti, nouvel homme fort du LOSC ?
-
Faits DiversEn Ligne 6 joursUn suspect livre ses certitudes sur l’affaire Émile
-
ÉconomieEn Ligne 5 joursLos Angeles : le chaos de l’aéroport LAX inquiète à l’approche du Mondial
-
Faits DiversEn Ligne 2 joursUne Ferrari plantée contre un pont près de Grenoble, le conducteur disparaît
-
SportsEn Ligne 4 joursNadal inquiète ses fans après une photo avec Federer
-
PolitiqueEn Ligne 4 joursPhotos d’Alloncle et sa collaboratrice : le déontologue de l’Assemblée blanchit le député