Faits Divers
Félix Bingui clame son innocence au procès du clan Yoda
Le présumé chef du clan Yoda a nié toute implication dans le trafic de stupéfiants, se présentant comme un simple jeune homme passionné de cartes et de voyages.
Félix Bingui, surnommé Le Chat, est jugé depuis le 18 mai devant le tribunal correctionnel de Marseille pour trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs et blanchiment en récidive. Il encourt vingt ans de prison. Vendredi, il a réitéré ses dénégations, affirmant ne pas reconnaître les faits reprochés.
Calme et pondéré, ce père de trois enfants de trente-cinq ans a mis en cause les rumeurs sur les réseaux sociaux. Il a indiqué connaître six ou sept de ses dix-neuf coprévenus, dont la plupart comparaissent libres. Selon lui, le groupe n’était qu’une bande de jeunes fréquentant les mêmes lieux, partageant une passion pour les cartes et partant en vacances ensemble.
Les enquêteurs le soupçonnent d’avoir dirigé un réseau extrêmement organisé avec une hiérarchie stricte. Mais Bingui affirme vivre à l’étranger depuis 2021, d’abord en Espagne, puis à Dubaï et au Maroc, où il a été arrêté en mars 2024 avant d’être extradé. Face aux preuves issues de sonorisations, captations d’image et écoutes téléphoniques, il avance d’autres explications. Ses allers-retours en Espagne étaient pour voir ses enfants. Ses séjours à Marseille lui permettaient de pointer pour sa conditionnelle. Quant aux conseils donnés à des membres du groupe, il les justifie par son rôle de grand frère.
Son train de vie luxueux, entre hôtels cinq étoiles et vols en classe affaires, proviendrait d’économies réalisées en prison grâce à la location-vente de voitures, mais surtout du poker et des paris sportifs. Il évoque des gains allant jusqu’à vingt mille euros pour des mises de cent euros. Pour le reste, il affirme ne pas se souvenir ou se vanter.
Parmi ses coprévenus, certains convoyeurs, conditionneurs ou nourrices ont reconnu les faits, mais aucun ne l’a directement mis en cause. Plusieurs disent ne l’avoir jamais vu. En revanche, des femmes et compagnes se sont montrées plus loquaces. L’une d’elles, veuve d’un membre du clan exécuté en mai 2023 en Espagne par la DZ Mafia, l’a accusé d’être le chef du groupe et le patron de la cité de la Paternelle. En garde à vue, elle l’a tenu pour responsable de la mort de son mari, beau-frère de Bingui, le liant à la guerre entre clans qui a fait des dizaines de morts en 2023. Une autre amie, veuve de Nadir Amara assassiné en Espagne, affirmait détenir toutes les preuves pour mettre fin à la belle vie du clan. Une troisième reprochait à son mari de faire du go fast pour Bingui.
Bingui a perdu son sang-froid en évoquant ces femmes, les qualifiant de tarées. Il a nié toute violence, affirmant que ces histoires venaient de femmes jalouses de ses week-ends avec leurs maris.
Le procès se poursuivra lundi avec le réquisitoire, et le verdict est attendu en fin de semaine.
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