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Farnborough prend un tournant guerrier

Alors que la guerre en Ukraine bouleverse les équilibres, le salon aéronautique de Farnborough s’ouvre lundi avec une défense omniprésente, presque à…

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Farnborough prend un tournant guerrier

Alors que la guerre en Ukraine bouleverse les équilibres, le salon aéronautique de Farnborough s’ouvre lundi avec une défense omniprésente, presque à égalité avec le civil. L’Europe accélère son réarmement, l’Ukraine y est courtisée pour ses drones, et le programme d’avion de combat GCAP tente de prendre l’avantage sur son rival franco-allemand.

C’est un salon sous haute tension. À Farnborough, tous les deux ans, l’aéronautique mondiale se donne rendez-vous. Mais cette édition 2024 n’a rien d’ordinaire. La guerre en Ukraine et le retour de Donald Trump à la Maison‑Blanche ont changé la donne. Les Européens cherchent à produire eux‑mêmes leurs armes, à ne plus dépendre d’un allié américain devenu imprévisible. Résultat : la défense pèse désormais presque autant que l’aviation commerciale. Des entreprises du secteur, partout en Europe, montent en puissance comme rarement depuis vingt ans.

L’Ukraine sera l’invitée surprise du salon. Après des frappes en profondeur qui ont endommagé des raffineries russes et paralysé des bases en Crimée, le pays arrive avec des innovations radicales. Ses drones, testés et améliorés au combat, intéressent les industriels du monde entier. Un espace supplémentaire a même été réservé pour ses exposants. Car les Ukrainiens développent des technologies à une vitesse inédite, poussés par l’urgence du conflit. Pour beaucoup d’acteurs, ces solutions « éprouvées au combat » sont une mine d’or. Les drones ne sont plus un gadget : ils sont devenus centraux sur le front et dans les stratégies militaires.

Côté chasseurs du futur, c’est la compétition. Le programme franco‑germano‑espagnol SCAF semble à l’arrêt. Tous les regards se tournent vers son concurrent, le GCAP, mené par le Royaume‑Uni, l’Italie et le Japon. Londres vient d’y consacrer 8,6 milliards de livres sur quatre ans, faisant entrer le projet dans une nouvelle phase. Des prototypes devraient voler d’ici 2035. Mais les drones attachés à ces avions volent déjà la vedette. Boeing va notamment présenter le MQ‑28 Ghost Bat, un drone autonome furtif capable d’accompagner les chasseurs. L’allemand Rheinmetall s’est associé à Boeing pour l’intégrer dans la Bundeswehr, avec une livraison espérée en 2029. Ces alliances avec des firmes américaines relancent pourtant un vieux débat : jusqu’où l’Europe peut‑elle vraiment être souveraine si elle dépend de technologies venues des États‑Unis ? Certains experts y voient une nécessité pour obtenir rapidement des capacités, sans attendre des programmes 100% européens.

Et Boeing, justement, veut profiter du salon pour tourner la page. Après des années de crise et de retards industriels, le constructeur américain cherche à rassurer. Son carnet de commandes est plein, il a même vendu plus d’avions que son concurrent Airbus l’an dernier. Mais c’est surtout le calendrier de certification de ses trois nouveaux modèles qui sera scruté. En aviation commerciale comme en défense, Farnborough 2024 montre un monde où la guerre accélère tout. Les priorités changent, les alliances se recomposent, et l’urgence s’invite jusque dans les halls d’exposition.

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