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Escroquerie présumée : Sophia Chikirou dénonce l’opportunité politique du procès
La députée de La France Insoumise, candidate malheureuse à la mairie de Paris, a contesté mardi devant le tribunal correctionnel la temporalité de son procès pour tentative d’escroquerie, estimant que la justice avait choisi un moment hautement symbolique pour ressortir un dossier clos depuis plusieurs années.
Seule prévenue à la barre, vêtue d’un jean gris et d’une veste à carreaux, Sophia Chikirou a comparu pour des faits remontant à 2018. L’accusation lui reproche d’avoir tenté d’obtenir un virement de 67 146 euros du compte de la webtélé Le Média, qu’elle avait cofondée, vers sa société de conseil Mediascop, ainsi que d’avoir soustrait deux chèques. Aucune partie civile n’était présente, un accord ayant été trouvé avec l’ancien média.
Après quatre heures de débats courtois, la parlementaire a interpellé la procureure en ces termes : « Je ne comprends pas pourquoi vous avez choisi le moment où j’étais candidate à la mairie de Paris pour ressortir ce dossier. Vous l’aviez clos il y a cinq ans. Pourquoi avoir attendu tout ce temps ? » Son avocat, Dominique Tricaud, a plaidé la relaxe, estimant que ce dossier avait été « gardé comme un poison politique ».
Le ministère public a reconnu qu’il ne s’agissait pas d’une affaire d’une gravité exceptionnelle, mais a requis une amende proportionnée au montant litigieux. Il n’a pas demandé de peine d’inéligibilité, invoquant l’ancienneté des faits et l’absence de victime constituée.
La défense a présenté l’affaire comme un simple différend commercial entre deux sociétés, sur fond de départ mouvementé de Sophia Chikirou. Celle-ci a affirmé n’avoir appris sa révocation de la présidence du Média que l’après-midi du 27 juillet 2018, après son premier rendez-vous à la banque. Son avocat a contesté la thèse de l’accusation selon laquelle sa cliente savait qu’elle n’était plus présidente au moment des faits.
En quittant la barre, la députée a exprimé son soulagement à l’idée de voir cette affaire se conclure, évoquant « huit ans de harcèlement médiatique et d’injures ». Le jugement a été mis en délibéré au 8 juin.
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