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En Colombie, un novice pro-Trump vire en tête du second tour
Les premiers résultats du scrutin donnent Abelardo de la Espriella, un avocat millionnaire au discours musclé, devant le candidat de gauche Ivan Cepeda.…


Les premiers résultats du scrutin donnent Abelardo de la Espriella, un avocat millionnaire au discours musclé, devant le candidat de gauche Ivan Cepeda. Le pays est en plein suspense, tiraillé entre deux visions radicalement opposées.
Avec 50,1 % des voix contre 48,3 % pour son rival, Abelardo de la Espriella prend ce dimanche une courte avance. Le dépouillement n’est pas terminé puisque près de 90 % des bureaux de vote ont transmis leurs résultats. Ce chiffre suffit à faire basculer l’ambiance dans un pays où 41 millions d’électeurs étaient appelés à choisir leur prochain président. La violence des groupes armés, qui a ressurgi violemment ces derniers mois, pesait lourd sur ce vote.
Cet homme de 47 ans, novice en politique, s’est fait connaître avec un style brut et sans compromis. Il se présente comme un patriote prêt à en découdre avec les guérillas et le crime organisé. Soutenu par Donald Trump, il promet des méga-prisons où les détenus seraient nourris “de pain et d’eau”, le bombardement des camps de narcotrafiquants avec l’aide des États-Unis et d’Israël, et une réduction de 40 % de l’appareil d’État. Ses déclarations misogynes et homophobes, ainsi que sa défense d’anciens paramilitaires, lui valent de vives critiques. Pourtant, dans les rues de Barranquilla, ses partisans scandent “Dehors, Petro !” et voient en lui l’homme du changement face à l’insécurité.
En face, Ivan Cepeda incarne la continuité de la gauche au pouvoir. Philosophe et défenseur des droits humains, ce sénateur de 63 ans est le fils d’un homme politique communiste assassiné. Il a été l’un des architectes de la politique de “paix totale” du président sortant Gustavo Petro, une stratégie qui n’a donné que des résultats limités face à la recrudescence des attentats et des assassinats de dirigeants communautaires. Il promet d’approfondir les réformes sociales et de gouverner “pour l’ensemble du pays”. Mais son alliance avec Petro, empêché de briguer un second mandat, lui attire les foudres de ceux qui rejettent le bilan du président sortant, malgré la réduction de la pauvreté et la hausse des salaires.
Le contexte est lourd. La Colombie traverse une flambée de violence inédite depuis la signature de l’accord de paix avec les Farc en 2016. Attentats à la bombe, menaces sur les leaders communautaires, assassinats politiques : la campagne s’est déroulée sous tension. Un prétendant à la présidence a même été tué. “Quoi qu’il arrive, il y aura du mécontentement parce que le pays est polarisé, divisé”, résume une retraitée de Bogota. Les deux camps redoutent le pire. Pour certains, une victoire de la droite dure serait “le pire des scénarios”. Pour d’autres, elle représente une chance de restaurer l’ordre face aux groupes armés qui gangrènent les villes et les campagnes. Le résultat définitif est attendu dans les heures qui viennent, et avec lui, le visage d’une Colombie à la croisée des chemins.





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