Monde
Colombie : la gauche aux prises avec la droite dure pour la présidence
Les électeurs colombiens départagent dimanche un candidat de gauche héritier de Gustavo Petro et deux rivaux de droite promettant une main de fer contre l’insécurité.
Le pays sud-américain traverse sa plus grave vague de violence depuis l’accord de paix avec les Farc en 2016. Assassinats de dirigeants communautaires, attentats meurtriers et même la mort d’un prétendant à la présidence ont marqué la campagne. Les favoris s’affrontent sur la stratégie à adopter face à un conflit armé vieux de six décennies. Faut-il poursuivre les négociations avec les groupes illégaux qui ont prospéré ces dernières années ou recourir à la force contre les guérillas, les anciens paramilitaires et les cartels ?
Gustavo Petro, premier président de gauche de l’histoire colombienne, ne peut briguer un second mandat. Sa politique sociale, saluée pour la réduction de la pauvreté et du chômage, divise cependant l’opinion. L’opposition critique sa gestion sécuritaire. Son dauphin, le sénateur Iván Cepeda, 63 ans, philosophe et défenseur des droits humains, mise sur la continuité des réformes et des négociations de paix. Il arrive en tête des sondages pour le premier tour.
Juste derrière, Abelardo de la Espriella, avocat millionnaire de 47 ans surnommé Le Tigre, promet la prison ou la mort pour les criminels. Excentrique, il salue ses partisans d’un geste militaire et se pose en entrepreneur hors du sérail politique. Il propose de construire dix méga prisons, de réduire de 40 % la taille de l’État et de bombarder les camps des trafiquants de drogue, dans un pays premier producteur mondial de cocaïne. Une troisième candidate, Paloma Valencia, sénatrice de 50 ans soutenue par l’ex président Alvaro Uribe, prône un renforcement des forces de l’ordre et la fin de la politique de paix totale.
Les bureaux de vote ouvrent de 08H00 à 16H00 heure locale. Les résultats sont attendus quelques heures après la clôture. Le Conseil national électoral a assuré que le scrutin se déroulerait dans le calme, les organisations criminelles ayant décrété un cessez le feu unilatéral avant le vote. Maria Eugenia Motato, habitante de Suarez, une zone sous contrôle des guérillas, espère un président qui apporte un peu de tranquillité. Samuel Forero, étudiant de 18 ans, voit dans cette élection un affrontement entre des extrêmes. L’issue du scrutin influera également sur les relations avec Washington, déjà tendues entre Gustavo Petro et Donald Trump.
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