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Colombie des milliers de manifestants défient le nouveau président pro-Trump

La victoire sur le fil d’Abelardo de la Espriella provoque une vague de protestations en Colombie. Des affrontements éclatent à Bogota et Cali alors que…

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Colombie des milliers de manifestants défient le nouveau président pro-Trump

La victoire sur le fil d’Abelardo de la Espriella provoque une vague de protestations en Colombie. Des affrontements éclatent à Bogota et Cali alors que les manifestants crient leur refus.

Dimanche, la rue colombienne s’est enflammée. Des milliers de personnes ont investi les artères de Bogota, Cali et d’autres villes pour dire non au nouveau président élu, un avocat multimillionnaire de 47 ans qui promet une politique sécuritaire et ultralibérale. Les images sont fracassantes : barricades en feu, pneus brûlés, drapeaux américains consumés. La police antiémeute a répliqué aux gaz lacrymogènes. À Cali, une marche qui avait commencé paisiblement au son de la musique indigène a dégénéré en affrontements. Des manifestants au visage couvert ont lancé des projectiles, les forces de l’ordre ont chargé. Le cri « Résistance » a résonné partout, porté par des étudiants, des travailleurs, des femmes.

Les témoins racontent une colère profonde. Natalia, étudiante de 26 ans, résume le sentiment général. Elle dit avoir besoin d’un dirigeant qui se soucie de tous, pas seulement d’une élite. Elle évoque des décennies de gouvernements de droite qui, selon elle, ne font qu’enrichir les riches et « éliminer les pauvres ». Derrière elle, une banderole accrochée à un pont oppose le candidat de gauche battu, défenseur des victimes, au nouveau président présenté comme « défenseur des bourreaux ». Andres, 21 ans, employé de commerce, s’insurge contre le soutien du nouveau président à la fracturation hydraulique, ce procédé d’extraction de gaz et de pétrole très polluant. « Il est contre la nature, contre les animaux. Il n’apportera rien au pays », lance-t-il.

Les soupçons de fraude électorale alimentent aussi la contestation. Isabella Giraldo, 26 ans, est convaincue que de nombreuses voix du vainqueur ne sont pas authentiques. Elle parle d’achat de votes et de bulletins falsifiés. Elle dit ne pas vouloir d’un « gouvernement agressif » qui promet de « éventrer la gauche », comme le candidat l’a déclaré pendant sa campagne avant de modérer son ton. Brandon, 19 ans, étudiant, assure que ce nouveau pouvoir ne le représente pas en tant que jeune. Et il prévient : « Nous allons assister à beaucoup d’autres manifestations ». Le nouveau président, surnommé « Le Tigre », a connu une ascension fulgurante sur fond de discours virulent contre les guérillas et de promesses sécuritaires. Mais pour l’instant, une partie du pays refuse de le suivre.

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