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Colombie choisit entre deux visions opposées pour son avenir

Ce dimanche, les Colombiens ont tranché. Au second tour de la présidentielle, un avocat millionnaire adepte de la manière forte affrontait un sénateur de…

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Colombie choisit entre deux visions opposées pour son avenir

Ce dimanche, les Colombiens ont tranché. Au second tour de la présidentielle, un avocat millionnaire adepte de la manière forte affrontait un sénateur de gauche allié au président sortant. Le pays, miné par une résurgence de la violence, attend les résultats provisoires._

Le dépouillement est en cours. Quelque 41 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes, et les bureaux ont fermé à 16 heures locales. D’un côté, Abelardo de la Espriella, 47 ans, un novice en politique soutenu par Donald Trump. Surnommé « Le tigre », cet avocat vêtu d’un maillot de l’équipe nationale a fait campagne sur un discours antisystème et une promesse de fermeté contre les guérillas. Il a voté à Barranquilla, entouré de partisans scandant « Dehors, Petro ! ». De l’autre côté, Ivan Cepeda, 63 ans, sénateur et défenseur des droits humains. Philosophe de formation, il est l’allié du président sortant Gustavo Petro, dont il veut poursuivre les réformes sociales. Donné favori au premier tour, il a été devancé par son rival de droite. En votant dans une école populaire de Bogota, il a promis de gouverner « pour l’ensemble du pays ».

L’élection se déroule dans un climat tendu. La Colombie connaît une flambée de violence inédite depuis dix ans, malgré l’accord de paix de 2016 avec les Farc. Des dirigeants communautaires sont tués, des attentats à la bombe visent des civils, et un prétendant à la présidence a été assassiné. Abelardo de la Espriella incarne le rejet de la gauche de Petro et une ligne dure face au crime organisé. Il promet de construire des méga-prisons où les détenus seraient nourris « de pain et d’eau », de bombarder les camps de narcotrafiquants avec l’aide des États-Unis et d’Israël, et de réduire de 40 % l’appareil d’État. Il défend aussi le port d’armes et la fracturation hydraulique. Ses déclarations misogynes et homophobes, ainsi que sa défense de paramilitaires et trafiquants de drogue, lui valent de vives critiques. À Barranquilla, un ingénieur de 55 ans estime que son candidat est celui du « changement », dénonçant l’insécurité et les extorsions des groupes armés.

Face à lui, Ivan Cepeda est le fils d’un homme politique communiste assassiné avec l’aide de paramilitaires. Il a été un artisan de la stratégie de « paix totale » de Petro, qui n’a produit que des résultats limités, et promet de l’ajuster. Ses soutiens, comme Andrés Julio Meza, un commerçant de 54 ans à Bogota, redoutent une victoire de la droite : « Ce serait le pire des scénarios, on retournerait 200 ans en arrière, ils nous enlèveraient nos droits fondamentaux. » Il a appelé à voter pour « l’équité et la justice sociale ». La relation avec Washington est aussi un enjeu. Alors que de nombreux pays latino-américains ont basculé à droite, Ivan Cepeda a prévenu que la Colombie ne deviendrait pas une « colonie » des États-Unis. Le résultat de ce scrutin décisif façonnera le visage du pays pour les années à venir, entre un retour à la manière forte et la poursuite d’un chemin progressiste.

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