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Chlordécone la décision qui peut tout changer

Après vingt ans de procédure, la cour d’appel de Paris doit annoncer ce lundi si elle rouvre l’enquête pénale sur le scandale sanitaire aux Antilles. Pour…

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Chlordécone la décision qui peut tout changer

Après vingt ans de procédure, la cour d’appel de Paris doit annoncer ce lundi si elle rouvre l’enquête pénale sur le scandale sanitaire aux Antilles. Pour les milliers de victimes, c’est un espoir de justice qui pourrait enfin voir le jour.

Samedi, une centaine de manifestants se sont rassemblés place de la Bastille à Paris pour réclamer justice et réparation. Le même jour, des rassemblements ont eu lieu en Martinique et en Guadeloupe. Derrière ces rassemblements, une colère qui ne retombe pas depuis des années. Le motif de cette mobilisation est simple et terrible. Un pesticide, le chlordécone, a été utilisé dans les bananeraies antillaises entre les années 1970 et 1990, alors que ses dangers étaient déjà connus. Classé comme potentiellement cancérogène dès 1979, il a continué à être autorisé par dérogation, bien après son interdiction en France hexagonale en 1990. Aujourd’hui, plus de 90% de la population adulte en Guadeloupe et en Martinique est contaminée. Le produit peut rester dans les sols jusqu’à six cents ans.

En 2023, les juges d’instruction parisiennes avaient rendu un non-lieu, reconnaissant un scandale sanitaire mais estimant qu’il était trop tard pour prouver les infractions pénales, certaines remontant à trente ans. Cette décision a provoqué une onde de choc aux Antilles. Les victimes vivent avec la peur permanente de développer un cancer et de transmettre la contamination à leurs enfants. Les avocats des parties civiles plaident que la prescription ne devrait pas s’appliquer tant que l’exposition dure encore. Ils rappellent que le chlordécone est un perturbateur endocrinien qui affecte aussi les grossesses et le développement des enfants. Si la cour d’appel confirme le non-lieu, les avocats envisagent de se pourvoir en cassation. Mais ils comptent aussi sur une récente loi qui reconnaît la responsabilité de l’État et impose au gouvernement de présenter un rapport sur l’indemnisation des victimes. Pour les Antillais, l’enjeu dépasse le simple cadre judiciaire. C’est une question de reconnaissance et de dignité, après des décennies d’empoisonnement silencieux.

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