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Chlordécone aux Antilles la justice clôt l’enquête sans procès

La cour d’appel de Paris a confirmé lundi le non-lieu dans le scandale sanitaire du chlordécone. Un coup dur pour les victimes guadeloupéennes et…

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Chlordécone aux Antilles la justice clôt l'enquête sans procès

La cour d’appel de Paris a confirmé lundi le non-lieu dans le scandale sanitaire du chlordécone. Un coup dur pour les victimes guadeloupéennes et martiniquaises, qui dénoncent un déni de justice après vingt ans de procédure.

Les victimes du chlordécone viennent de se heurter à un mur judiciaire. Lundi, la cour d’appel de Paris a maintenu le non-lieu prononcé en 2023, refermant définitivement la voie d’une enquête pénale. Pour les avocats des parties civiles, c’est une décision amère. L’un d’eux parle d’un « jour sombre et sinistre ». Un autre évoque une « claque au visage » et un « déni de justice ». La frustration est immense, d’autant que ce pesticide a été utilisé pendant des décennies aux Antilles malgré les alertes sur sa dangerosité.

Le chlordécone, classé comme possiblement cancérogène dès 1979, a été répandu dans les bananeraies de Guadeloupe et de Martinique de 1972 à 1993. Il était pourtant interdit en métropole dès 1990, et des dérogations ont permis de continuer à l’employer outre-mer. Les conséquences sont terribles ce produit peut rester dans les sols jusqu’à 600 ans. Aujourd’hui, plus de 90% de la population adulte des deux îles est contaminée. Les habitants vivent avec la peur constante de développer un cancer ou de transmettre la substance à leurs enfants. Mais les magistrats ont pointé la difficulté de rapporter la preuve pénale pour des faits souvent commis dix, vingt ou trente ans avant les premières plaintes.

Les avocats ne comptent pas s’arrêter là. Ils annoncent un pourvoi en cassation et promettent de « poursuivre le combat » pour que les responsables ne dorment pas tranquilles. Une nouvelle salve judiciaire est déjà préparée. Parallèlement, une loi récente reconnaît la responsabilité de l’État dans ce dossier et ouvre la voie à des indemnisations. Mais certains critiques dénoncent une reconnaissance tardive, qui intervient alors que beaucoup de victimes sont déjà décédées. Pour les plaignants, la lutte est loin d’être terminée, mais la décision de lundi reste une pilule très difficile à avaler.

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