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Ces poissons aux dents de scie ruinent la pêche en Crète

Venus de la mer Rouge, des poissons-ballons dévorent les prises et les filets des pêcheurs crétois. Leur chair toxique complique la tâche pour s’en…

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Ces poissons aux dents de scie ruinent la pêche en Crète

Venus de la mer Rouge, des poissons-ballons dévorent les prises et les filets des pêcheurs crétois. Leur chair toxique complique la tâche pour s’en débarrasser.

Imaginez un poisson capable de sectionner un doigt d’un seul coup de mâchoire. C’est la réalité qui frappe les pêcheurs de Crète. Des poissons-ballons à bande argentée, mesurant jusqu’à soixante centimètres, envahissent leurs eaux. Ils ne laissent rien derrière eux. Des raies, des pagres, des calmars et même des crustacés disparaissent sous leurs dents acérées. Les filets de pêche sont déchiquetés en une heure à peine. Et ce n’est pas tout. Leur chair contient une toxine mortelle pour l’homme, la tétrodotoxine, qui peut paralyser le cœur et les poumons. Un poisson devenu un fléau que les autorités peinent à gérer.

Le phénomène n’est pas nouveau mais il s’aggrave chaque année. Ces poissons sont arrivés par le canal de Suez depuis l’océan Indien. La hausse des températures de la Méditerranée leur offre un terrain de jeu idéal. Sans prédateur naturel, ils se multiplient sans contrôle. En Crète, chaque bateau de pêche perd en moyenne 8 500 euros par an à cause d’eux. Les prises diminuent, le matériel est détruit. Les pêcheurs demandent des mesures plus fermes pour pouvoir les chasser efficacement. Actuellement, ces poissons sont classés comme déchets dangereux de catégorie 1, ce qui impose une incinération coûteuse.

Les scientifiques tentent de transformer ce problème en ressource. Au centre de recherche marine d’Héraklion, des chimistes ont réussi à neutraliser la toxine à 90 % grâce à un procédé chimique. L’objectif est de rendre le poisson commercialisable. Des pistes comme les engrais ou l’alimentation pour poissons sont explorées. Car malgré son danger, le poisson-ballon reste une source de protéines de haute qualité. L’enjeu est double. Réduire sa population invasive tout en valorisant ses déchets. Mais la solution est encore loin d’être prête pour le marché. En attendant, les pêcheurs crétois continuent de voir leurs filets vides et leurs doigts menacés.

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