Europe
Boualem Sansal raconte ses 361 jours de prison et règle ses comptes
L’écrivain franco-algérien publie un livre choc sur sa détention en Algérie, entre accusations contre le régime et règlements de comptes avec ses anciens alliés.
Boualem Sansal sort ce mardi un ouvrage qui promet de faire encore parler. « La Légende » revient sur les 361 jours qu’il a passés derrière les barreaux en Algérie, du 16 novembre 2024 au 12 novembre 2025. Condamné à cinq ans de prison avant d’être gracié, l’auteur de 80 ans ne cache pas son amertume. Il décrit son texte comme un « livre de combat », un réquisitoire contre le « régime algérien honni » qui l’a emprisonné. Mais il va plus loin. Il explique pourquoi il aurait préféré que Paris choisisse « un rapport de force » avec Alger plutôt que la négociation diplomatique pour obtenir sa libération. Quitte à « rester et à mourir en prison », écrit-il sans détour.
Ce désaccord de fond est aussi l’une des raisons de son divorce avec son éditeur historique, Gallimard. Boualem Sansal accuse son ancien PDG, Antoine Gallimard, de l’avoir « mis à la rue comme un SDF » en le forçant à quitter un logement après son retour à Paris. Il dépeint une trahison venue de ceux qui se disaient ses amis. Sans citer de noms, il consacre une annexe à « ceux qui m’ont poignardé », affirmant qu’ils « étaient légion ». De son côté, l’entourage de Gallimard juge ces accusations « navrantes » et « loin de la réalité ». L’écrivain a rejoint Grasset, une maison du groupe Hachette appartenant au milliardaire conservateur Vincent Bolloré. Cette arrivée a provoqué le limogeage du PDG de Grasset, Olivier Nora, et déclenché une vague de protestations parmi les auteurs de la maison. Boualem Sansal dit ne « pas bien comprendre » ces remous et se sentir « super bien » chez Grasset, qui lui a versé un à-valoir exceptionnel d’un million d’euros.
Dans son livre, l’écrivain n’épargne pas non plus les médias. Il met en cause « Le Monde », « Libération » et « Le Nouvel Obs » pour avoir évoqué son « possible glissement vers la droite radicale ». Il se défend de toute étiquette idéologique, se disant « libre » et capable de prendre des positions aussi bien à l’extrême gauche qu’à l’extrême droite. Il reconnaît que le Rassemblement national a pu reprendre certaines de ses idées sur l’islamisme et l’islam, sans pour autant s’y aligner. « La Légende » se termine par une liste de 170 personnalités qui l’ont soutenu pendant sa détention. Et l’auteur y salue ceux qui, « partout en France », refusent « que leur pays disparaisse » dans la mondialisation, l’Europe bureaucratique ou « un islam exalté ». Le livre bénéficie d’une large campagne de promotion, avec une une du Figaro Magazine et une journée spéciale sur CNews.
-
SportsEn Ligne 7 joursLe triomphe amer de Narbonne : une montée en Pro D2 sous le signe des rancœurs
-
Faits DiversEn Ligne 5 joursUne adolescente de 16 ans fauchée par un camion-toupie à Alfortville
-
SportsEn Ligne 5 joursDavide Ancelotti, nouvel homme fort du LOSC ?
-
Faits DiversEn Ligne 7 joursUn suspect livre ses certitudes sur l’affaire Émile
-
ÉconomieEn Ligne 6 joursLos Angeles : le chaos de l’aéroport LAX inquiète à l’approche du Mondial
-
Faits DiversEn Ligne 3 joursUne Ferrari plantée contre un pont près de Grenoble, le conducteur disparaît
-
SportsEn Ligne 5 joursNadal inquiète ses fans après une photo avec Federer
-
PolitiqueEn Ligne 4 joursPhotos d’Alloncle et sa collaboratrice : le déontologue de l’Assemblée blanchit le député