Économie
Bosch mise tout sur les robots humanoïdes pour sortir de la crise auto
L’équipementier allemand voit dans la robotique un relais de croissance colossal. Il veut équiper les robots de capteurs ultra-sensibles pour qu’ils…


L’équipementier allemand voit dans la robotique un relais de croissance colossal. Il veut équiper les robots de capteurs ultra-sensibles pour qu’ils imitent le toucher humain.
Bosch ne veut pas rester prisonnier de la crise qui secoue l’automobile. Le géant allemand, premier équipementier mondial, annonce un virage stratégique vers la robotique humanoïde et l’automatisation. Son activité historique est fragilisée par la concurrence chinoise et la transformation des voitures en ordinateurs sur roues. Alors Bosch regarde ailleurs. Il parie sur un marché jugé prometteur : les robots capables de se déplacer et d’interagir comme des humains. Stefan Hartung, le patron du groupe, l’affirme dans un communiqué : avec l’essor de ces machines, la demande pour les solutions Bosch va grimper en flèche.
Pour que ces robots deviennent vraiment précis, il faut des composants très spéciaux. Bosch mise sur les capteurs MEMS, des microsystèmes électroniques qui détectent le toucher, la pression, le mouvement. Le marché mondial de ces capteurs devrait peser plus de 19 milliards de dollars d’ici 2030, avec une croissance annuelle de 4%, selon une étude citée par le groupe. Lors d’une présentation à Berlin, Stefan Hartung a donné une image frappante de leur importance. Grâce à ces capteurs, un robot peut déterminer s’il doit serrer un objet dur ou manipuler un œuf avec délicatesse. Il a comparé cela au système tactile humain. Les humains possèdent environ quatre millions de capteurs tactiles. Produire autant de capteurs pour équiper seulement 12 500 robots absorberait quatre années de production mondiale. Autant dire que le défi est immense.
Bosch ne se contente pas de rêver. Depuis janvier, il travaille avec la start-up allemande Neura pour entraîner des robots humanoïdes. L’idée est concrète et ambitieuse : sur ses 350 sites à travers le monde, des milliers de salariés portent des combinaisons bardées de capteurs. Ces vêtements intelligents enregistrent des gestes, des forces, des contacts. Les données récoltées permettent d’affiner les algorithmes et d’apprendre aux robots à agir avec plus de justesse. L’objectif final est double. D’un côté, booster la compétitivité des usines allemandes du groupe, menacées par la hausse des coûts. De l’autre, répondre à une pénurie de main-d’œuvre qualifiée qui ne cesse de s’aggraver. La robotique devient une réponse industrielle et sociale, pas seulement un pari technologique.
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