Économie
bioMérieux investit 250 millions d’euros en Isère et crée 400 postes
Le groupe français spécialisé dans le diagnostic médical pose la première pierre d’une nouvelle usine de tests PCR, destinée à renforcer la souveraineté sanitaire en Europe.
Le spécialiste français des tests et diagnostics médicaux bioMérieux a officialisé vendredi la construction d’une unité de production en Isère, un projet représentant un investissement de plus de 250 millions d’euros et la création de 400 emplois. L’usine, située à La Balme-les-Grottes, doit entrer en service à l’horizon 2030. La cérémonie de la première pierre s’est déroulée sous une charpente métallique déjà largement avancée, sur une surface de 11 000 mètres carrés.
Le directeur général de bioMérieux, Pierre Boulud, a souligné le rôle central du diagnostic dans la santé publique, rappelant que la pandémie de Covid-19 avait mis en lumière son importance dans la gestion des crises sanitaires. Il a également évoqué l’épidémie d’Ebola en Afrique pour illustrer les conséquences d’un dépistage insuffisant. Fondé en 1963, le groupe familial commercialise des solutions de diagnostic in vitro, incluant instruments et réactifs, destinées à détecter des infections bactériennes ou virales, qu’elles soient respiratoires, intestinales ou sexuellement transmissibles.
Présent à l’international, bioMérieux réalise près de la moitié de son chiffre d’affaires, estimé à 4,1 milliards d’euros en 2025, aux États-Unis, où un tiers de ses effectifs est basé. L’entreprise reste néanmoins fortement implantée en Auvergne-Rhône-Alpes, avec son siège situé près de Lyon. La future usine iséroise, où le groupe est déjà installé depuis une quarantaine d’années, sera dédiée à la production de tests PCR, jusqu’alors exclusivement fabriqués à Salt Lake City, dans l’Utah.
Cette nouvelle unité vise à compléter la production américaine pour approvisionner principalement le marché européen, sécuriser les chaînes d’approvisionnement et répondre à la demande croissante en matière de diagnostic des maladies infectieuses. À son ouverture, bioMérieux prévoit d’embaucher 130 personnes, avant de porter l’effectif total à 400 salariés à terme. Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Fabrice Pannekoucke, a salué une « très bonne nouvelle » pour le territoire, réaffirmant le rôle moteur de la région dans l’industrie française.
À trois jours du sommet Choose France, dédié à l’attractivité des investissements étrangers, le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, a insisté sur l’enjeu de souveraineté sanitaire. Il a remercié la famille Mérieux de ne pas céder à un certain déclinisme ambiant, rappelant que la France dispose de savoir-faire précieux et qu’il est possible de produire localement.
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