Politique
Bernadette Chirac, la première dame qui a marqué la France en sortant de l’ombre de son mari
Elle n’était pas seulement l’épouse de Jacques Chirac. Bernadette Chirac s’est éteinte à 93 ans, laissant le souvenir d’une femme politique indépendante…

Elle n’était pas seulement l’épouse de Jacques Chirac. Bernadette Chirac s’est éteinte à 93 ans, laissant le souvenir d’une femme politique indépendante, élue locale et inlassable militante pour les enfants hospitalisés.
Elle s’est éteinte paisiblement, entourée des siens, vendredi soir. À 93 ans, Bernadette Chirac laisse derrière elle une image bien plus large que celle de « veuve de ». Sa fille Claude a annoncé la nouvelle, et les hommages ont immédiatement afflué. Emmanuel Macron a salué une « grande dame de cœur », soulignant son engagement intime et constant, notamment à la tête de la Fondation des Hôpitaux de Paris. Dès ce week-end, un registre de condoléances est ouvert à l’Élysée pour ceux qui veulent lui dire au revoir.
Pendant plus de soixante ans, elle a accompagné Jacques Chirac dans son ascension, de la mairie de Paris à l’Élysée. Mais Bernadette Chirac n’a jamais été une simple ombre. Elle est la seule première dame de la Ve République à avoir exercé un mandat politique élu : conseillère générale de Corrèze sans interruption de 1979 à 2015. Longtemps reléguée au second plan durant le premier mandat de son mari, elle a joué un rôle clé dans sa réélection en 2002, notamment grâce à sa popularité grandissante. L’opération Pièces jaunes pour les enfants hospitalisés a fait d’elle une figure connue et appréciée de tous les Français, bien au-delà de son camp politique. Réputée plus conservatrice que Jacques Chirac, elle avait un solide sens politique, capable d’anticiper des catastrophes. Elle avait ainsi mis en garde contre la dissolution de 1997, en accusant Dominique de Villepin, et avait été l’une des rares à prévoir la percée de Jean-Marie Le Pen en 2002.
De nombreux responsables politiques de tous bords lui ont rendu hommage. Édouard Philippe a parlé d’un « caractère, une exigence, une fidélité ». François Hollande, qui l’a côtoyée en Corrèze, l’a décrite comme « obstinée, volontaire, indépendante ». À droite comme à gauche, on souligne sa force rare, sa dignité, et sa manière de s’imposer dans un univers où les femmes étaient encore vues comme les prolongements de leurs maris. Olivier Faure a même estimé qu’à sa façon, elle a participé au combat féministe. Nicolas Sarkozy, qu’elle a soutenu contre la volonté de son époux, l’a saluée comme une grande amie. Bernadette Chirac était une femme de caractère, et c’est cette image que la France retient.
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