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Bananes antillaises le pari des nouveaux OGM pour survivre

Un champignon dévaste les bananeraies de Guadeloupe et de Martinique. Pour sauver la filière, les producteurs misent sur les nouvelles techniques…

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Bananes antillaises le pari des nouveaux OGM pour survivre

Un champignon dévaste les bananeraies de Guadeloupe et de Martinique. Pour sauver la filière, les producteurs misent sur les nouvelles techniques génomiques que le Parlement européen s’apprête à assouplir.

Sur les pentes escarpées de Capesterre-Belle-Eau en Guadeloupe, chaque feuille jaunie est un signal d’alarme. Une jeune exploitante passe ses journées à traquer la cercosporiose noire, ce champignon arrivé aux Antilles dans les années 2010. Pour protéger ses bananiers, elle doit soit effeuiller un à un les arbres touchés, soit pulvériser des produits de biocontrôle avec un atomiseur de 35 kilos sur le dos. Un travail harassant pour ses quatre hectares de plantation. Car les moyens de lutte autorisés sont quasiment inexistants. En Amérique du Sud, les concurrents ont accès à une vingtaine de molécules chimiques, des avions et des drones. Ici, en France, seuls trois produits sont permis. Résultat, la maladie réduit les rendements et menace directement la survie des 530 exploitations qui font vivre la filière banane aux Antilles.

C’est dans ce contexte que les producteurs antillais regardent vers le Parlement européen. Les députés doivent voter sur un assouplissement des règles concernant les nouvelles techniques génomiques, ces outils qualifiés de « nouveaux OGM » par leurs opposants. Contrairement aux OGM classiques, ces méthodes modifient le génome sans introduire d’ADN étranger. Un compromis prévoit de considérer certaines de ces variétés comme équivalentes aux semences conventionnelles, si les mutations restent limitées. Pour la filière, c’est l’espoir de créer une banane tolérante à la cercosporiose. Des tests en laboratoire sont déjà en cours, et les premiers résultats sont encourageants. Le directeur de l’union des producteurs y voit « la lumière au bout du tunnel », même si replanter les 6 000 hectares de bananeraies prendra plusieurs années.

Tout le monde ne partage pas cet enthousiasme. Certains experts mettent en garde contre une « économie de la promesse » : on ignore combien de temps les nouvelles variétés résisteront au champignon, et le risque de dépendre de brevets détenus par quelques multinationales est réel. Ils appellent plutôt à diversifier les espèces cultivées, au lieu de se reposer sur la seule cavendish qui domine le marché mondial. Un système varié serait plus résilient face aux maladies. Les Verts européens s’opposent frontalement à ce texte, dénonçant l’introduction déguisée d’OGM sur le territoire. Mais la droite et le centre soutiennent massivement les NGT, et même une partie de la gauche des régions ultrapériphériques y est favorable, voyant dans cette technique un outil pour préserver l’emploi et l’autonomie alimentaire des îles. Le vote mercredi devrait donc être favorable aux producteurs antillais, même si le chemin vers une banane résistante reste long et semé d’incertitudes.

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