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Baignades sauvages : le défi des municipalités pour éviter les noyades

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Face à la hausse des températures, les élus locaux multiplient les efforts pour endiguer les accidents en milieu naturel, malgré des moyens limités.

Chaque été, des drames se répètent sur des sites non surveillés. La noyade d’une fillette de quatre ans sur l’île de loisirs de Bois-le-Roi pendant le weekend de la Pentecôte illustre l’ampleur du problème. Malgré l’interdiction, un millier de personnes se baignaient ce jour-là, rendant inefficaces les barrières et la présence de médiateurs.

Patrick Karam, vice-président de la région Île-de-France chargé des sports, constate que les panneaux d’interdiction ne dissuadent pas les baigneurs habitués des lieux. Avec le réchauffement climatique, les vagues de chaleur surviennent avant l’ouverture officielle des zones aquatiques, aggravant la situation.

Dans le Morbihan, la maire de Surzur, Noëlle Chenot, fait face à des baignades illicites dans une ancienne carrière, où les risques d’hydrocution et de remous sont élevés. Elle a dû rappeler le propriétaire à ses obligations. En Meurthe-et-Moselle, le maire de Pierre-la-Treiche, Xavier Colin, souligne la difficulté de surveiller six kilomètres de rives avec une équipe réduite. Une minorité de visiteurs brave délibérément l’interdiction, parfois après un pique-nique arrosé, ce qui peut transformer la baignade en drame.

Sur la Loire, deux accidents mortels se sont produits en quarante-huit heures fin mai. Le maire de Saumur, Jackie Goulet, met en garde contre les cavités sous-marines qui attirent les nageurs. De nombreux incidents surviennent aussi lors de sauts depuis des ponts, comme à Tours où un homme de vingt-quatre ans est décédé après avoir plongé du pont Wilson. La ville a renforcé la prévention avec des panneaux pédagogiques et prévoit d’installer des barrières et des messages chocs similaires à ceux de la sécurité routière.

Les municipalités misent également sur des patrouilles de police. L’élu francilien Patrick Karam propose d’ouvrir les sites de baignade dès les premières fortes chaleurs pour qu’ils soient surveillés. La région envisage aussi de financer des formations de maîtres-nageurs en échange d’un engagement de trois ans en Île-de-France, et d’acquérir des drones avec détection thermique pour repérer les enfants en danger.

Plusieurs élus regrettent que l’apprentissage de la natation ne soit pas généralisé. Christophe Bouillon, président de l’Association des petites villes de France, note une disparité d’accès aux piscines alors que le pays compte des milliers de cours d’eau. L’été précédent a été particulièrement meurtrier avec quatre cent neuf décès, dont cinquante-sept mineurs, soit une hausse de seize pour cent par rapport à l’année d’avant.

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