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Au Sénégal, les snipers du pouvoir changent de cible mais pas de camp

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Le président Bassirou Diomaye Faye a dévoilé son nouveau gouvernement, une semaine après avoir écarté Ousmane Sonko de son poste de Premier ministre. Mais si le parti Pastef clame son absence, plusieurs de ses membres et alliés figurent bien dans la liste.

Dix jours après le limogeage d’Ousmane Sonko, le Sénégal entre dans une phase politique inédite. Le président Bassirou Diomaye Faye a nommé lundi un gouvernement de 30 ministres, sous la direction d’Amadou Al Aminou Lô. Un changement de tête qui cache pourtant des continuités. Plusieurs cadres de l’ancienne équipe conservent leur poste, comme Cheikh Diba aux Finances, Moustapha Mamba Guirassy à l’Éducation ou Cheikh Tidiane Dièye à l’Assainissement. Mais le vrai casse-tête est ailleurs.

Quelques heures avant l’annonce, Ousmane Sonko avait prévenu sur les réseaux sociaux : son parti, le Pastef, ne participerait pas au nouvel exécutif. Motif officiel : un désaccord profond sur « la place et le rôle de la majorité dans le dispositif exécutif ». Selon le communiqué du leader, les propositions du parti n’ont pas reçu de réponse favorable du chef de l’État. Résultat, Pastef dit tourner le dos au gouvernement. Pourtant, dans la liste dévoilée par le Premier ministre, des noms comme Moussa Bala Fofana (Urbanisme) et Yankhoba Diémé (Forces armées) font partie des proches de Sonko. Une contradiction qui en dit long sur les fractures internes.

Cette recomposition marque un tournant après des mois de tensions entre les deux hommes, autrefois inséparables. Vainqueurs de la présidentielle de mars 2024 sous le slogan « Sonko mooy Diomaye », ils affichaient une unité forgée dans l’opposition. Mais depuis juillet 2025, les divergences ont éclaté au grand jour. Sonko, alors Premier ministre, critiquait un « problème d’autorité » dans le pays. Faye, de son côté, dénonçait une « personnalisation excessive » du pouvoir par son ancien bras droit. Aujourd’hui, Sonko a été confortablement élu président de l’Assemblée nationale, un poste qui lui donne une tribune. Le nouveau Premier ministre, Amadou Al Aminou Lô, a tenté d’apaiser en assurant que « la patrie et la République doivent être au-dessus des considérations partisanes ». Reste à savoir si cette formule suffira à calmer une scène politique sénégalaise déjà fragilisée par une grave crise financière.

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