Économie
Arnaud Rousseau reconduit à la présidence de la FNSEA

Le dirigeant syndical, également à la tête du groupe Avril, entame un second mandat à la tête du premier syndicat agricole français. Il affirme vouloir recentrer le débat public sur la souveraineté alimentaire et la défense de la production.
Arnaud Rousseau a été réélu, jeudi, président de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles. Cet agriculteur-céréalier de Seine-et-Marne, âgé de cinquante-deux ans, était le seul candidat en lice pour succéder à lui-même. Son nouveau mandat de trois ans s’ouvre dans un contexte marqué par des tensions persistantes au sein de la profession et à l’approche d’échéances politiques majeures, tant en France qu’au niveau européen.
Peu connu du grand public lors de son accession à la tête du syndicat en 2023, sa stature et sa parole mesurée se sont imposées dans l’espace médiatique au fil des mobilisations agricoles. Il défend une vision entrepreneuriale de l’agriculture, éloignée des représentations traditionnelles, et assume pleinement la double casquette de responsable syndical et de chef d’entreprise.
À la tête d’une exploitation de sept cents hectares en région parisienne, il préside également le conseil d’administration du groupe agro-industriel Avril. Une position parfois critiquée par des concurrents syndicaux qui l’estiment éloigné des réalités de la majorité des exploitations. L’intéressé rétorque que cette expérience confère une légitimité et une cohérence à son action, lui permettant de défendre ce qu’il nomme « l’acte de produire ».
Son premier mandat a été marqué par un recul historique de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs, qui ont perdu la majorité absolue lors des dernières élections aux chambres d’agriculture, même s’ils en conservent le contrôle. Face à une concurrence syndicale qui se structure, notamment du côté de la Coordination rurale, Arnaud Rousseau se présente comme un « pôle de stabilité » et un interlocuteur privilégié des pouvoirs publics.
Dans un environnement international instable, où la flambée des coûts de l’énergie et des intrants pèse sur les exploitations, le président de la FNSEA promeut une voie qu’il qualifie de « compétitive ». Il se positionne en opposition à ce qu’il perçoit comme une « écologie punitive » et rejette les appels à la décroissance, tout en se distanciant des postures plus radicales ou anticapitalistes portées par d’autres organisations.
Homme de défis, il évoque volontiers sa résilience, forgée selon lui par un grave accident professionnel dont il s’est relevé, puis par un long pèlerinage à pied jusqu’à Saint-Jacques-de-Compostelle. Un tempérament qu’il dit mettre au service d’un syndicalisme d’influence, visant à peser sur les législations nationales et européennes à venir.

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