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André Santini, le maire d’Issy et l’humour cinglant, s’est éteint à 85 ans
Figure du centrisme et adepte du cumul des mandats, l’ancien ministre André Santini laisse le souvenir d’un élu à la verve mordante et d’un maire indéboulonnable des Hauts-de-Seine.
André Santini est décédé à l’âge de 85 ans. Pendant plus de quarante ans, il a dirigé Issy-les-Moulineaux, ville prospère du sud-ouest parisien. Cet élu de centre-droit, passé par plusieurs gouvernements, est resté célèbre pour son humour souvent caustique et son attachement au cumul des mandats. Il aimait dire que l’humour avait été sa façon d’exister, même si cela lui avait peut-être coûté des portefeuilles ministériels. Sa silhouette imposante et ses gros cigares faisaient partie de son personnage.
Né en 1940 à Paris, d’origine corse, il est docteur en droit et diplômé de Sciences Po. Sa carrière politique débute en 1971 comme adjoint au maire de Courbevoie. D’abord giscardien, il devient maire d’Issy en 1980 et adhère au Parti social-démocrate qu’il dirige de 1986 à 1995. Il est ensuite élu député des Hauts-de-Seine à plusieurs reprises, avec une parenthèse en 2001 où il démissionne pour cause de cumul, avant de retrouver son siège dès 2002. Sous ses mandats, Issy attire des entreprises internationales comme Coca-Cola ou Microsoft, ce qui renforce sa prospérité.
Au niveau national, il a été secrétaire d’État aux Rapatriés, ministre de la Communication sous Jacques Chirac, puis secrétaire d’État à la Fonction publique de 2007 à 2009. Dans cette fonction, il suggère de limiter les grèves par des brassards à la japonaise, provoquant la colère des syndicats. Son humour lui vaut plusieurs prix de l’humour politique, mais aussi trois condamnations pour injures publiques envers des adversaires traités de “petit con” ou de “minable”. Il est également poursuivi pendant quinze ans dans une affaire liée à la fondation Hamon d’art contemporain, dont il sort blanchi après une condamnation en première instance.
En 2022, une enquête est ouverte après des plaintes pour agression sexuelle et harcèlement, qu’il conteste. À Issy, il se présentait comme un “cyber-maire” favorable aux nouvelles technologies. Il plaidait pour la complémentarité des mandats locaux et nationaux. Spécialiste du droit de la presse, diplômé des Langues orientales, il était fier d’avoir permis aux syndicats des eaux de financer des actions de solidarité internationale grâce à la loi Oudin-Santini. Il ne se représente pas à la députation en 2017, laissant son siège à Gabriel Attal.
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