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Alan Greenspan, architecte admiré puis contesté de l’économie américaine

Le maître de la Fed a régné 19 ans sur la finance mondiale, avant que la crise des subprimes ne vienne briser son mythe. Retour sur le destin exceptionnel…

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Alan Greenspan, architecte admiré puis contesté de l'économie américaine

Le maître de la Fed a régné 19 ans sur la finance mondiale, avant que la crise des subprimes ne vienne briser son mythe. Retour sur le destin exceptionnel de cet homme décédé à 100 ans.

Son nom est synonyme de pouvoir et de mystère. À la tête de la Réserve fédérale américaine de 1987 à 2006, Alan Greenspan a traversé cinq mandats et marqué durablement la politique monétaire. Ce fils d’un courtier en Bourse et d’une vendeuse d’origine polonaise, né à New York en 1926, a fait des maths et du jazz avant de choisir la finance. Sa carrière a été façonnée par une influence intellectuelle forte, celle d’Ayn Rand, une philosophe libertarienne qui prônait le capitalisme sans entraves et l’individualisme rationnel. Cette vision a imprégné toute sa gestion.

Son arrivée à la Fed a été un baptême du feu. Quelques semaines après sa nomination, le fameux Lundi noir d’octobre 1987 a vu Wall Street s’effondrer de plus de 20% en une journée. Greenspan a réagi vite en injectant des liquidités massives pour sauver les banques. Il en est sorti renforcé, gagnant le surnom de Maestro. Son talent pour manier des déclarations volontairement floues est devenu légendaire. « Si je semble particulièrement clair, c’est sans doute que vous ne m’avez pas compris », avait-il ironisé en 1988. Pourtant, ses phrases pouvaient faire vaciller les marchés, comme en 1996 quand il a parlé d’« exubérance irrationnelle », prédisant l’éclatement de la bulle internet.

Mais la crise financière de 2008 a tout changé. Beaucoup lui ont reproché d’avoir encouragé la dérégulation et maintenu des taux trop bas, laissant gonfler la bulle immobilière des prêts à risque. Interrogé par le Congrès, Greenspan a avoué une « faille » dans sa vision du monde, le plongeant dans un « grand désarroi ». Son héritage est aujourd’hui contrasté. Le génie qui avait travaillé avec des présidents des deux camps, de Nixon à Bush fils en passant par Clinton, reste une figure centrale mais controversée. Il s’est éteint à 100 ans, laissant derrière lui un parcours où la réussite absolue a côtoyé la critique la plus vive.

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