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Économie

Affaire Hermès LVMH : trois professionnels du droit suisses mis en examen à Paris

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Deux avocats et une notaire helvétiques ont été mis en examen dans le cadre de l’enquête sur la spoliation présumée d’actions Hermès, dont un héritier accuse le géant du luxe LVMH d’avoir bénéficié.

La justice parisienne a récemment mis en examen deux avocats et une notaire suisses dans le cadre de l’affaire des titres Hermès. Un héritier de la célèbre maison de maroquinerie, âgé de 83 ans et résidant en Suisse, estime avoir été dépouillé de ses actions au profit du groupe LVMH. Il s’est constitué partie civile à la fin de l’année 2023, dénonçant un abus de confiance. Il suspecte son ancien gestionnaire de fortune d’avoir, à partir de 1998, soustrait des actifs via des sociétés suisses qu’il gérait, puis d’avoir cédé ses actions sans son consentement, selon les informations du parquet de Paris.

Une information judiciaire avait été ouverte en novembre 2015, après une plainte déposée par Hermès International pour des soupçons de faux et d’usage de faux visant ce gestionnaire. Déjà poursuivi pour faux à la fin de l’année 2019, cet homme a été mis en examen le 9 juillet 2025 pour abus de confiance aggravé, une infraction qui se serait étalée de 1998 à 2023, ainsi que pour faux et usage de faux commis en France et en Suisse en 2024 et 2025. Il avait alors été placé sous contrôle judiciaire, avec l’obligation de verser un cautionnement de cinq millions d’euros. Cependant, le parquet a indiqué que ce sexagénaire s’est donné la mort le 21 juillet 2025, ce qui a éteint l’action publique à son encontre.

Plusieurs de ses présumés complices ont été mis en examen plus récemment. Le 9 avril, une avocate suisse a été mise en examen pour tentative d’escroquerie en bande organisée au préjudice de l’héritier. Le 18 mai, un avocat suisse, qui défendait le gestionnaire décédé, a été mis en examen pour complicité d’abus de confiance aggravé. Il est soupçonné d’avoir utilisé sa qualité d’avocat pour prodiguer à l’héritier des conseils qui servaient en réalité les intérêts de son client, et d’avoir mis à disposition un compte bancaire. Un autre avocat suisse, administrant une société, a été mis en examen le 27 mai pour avoir participé au détournement des actions Hermès au profit de LVMH entre 2001 et 2014.

Le parquet a précisé que les personnes mises en examen contestent les faits qui leur sont reprochés. L’un des avocats concernés, par la voix de son conseil, a indiqué qu’il réservait ses explications à la justice. Les autres personnes impliquées ou leurs avocats n’ont pas souhaité s’exprimer. Une société de gestion a quant à elle été placée sous le statut de témoin assisté, son avocat affirmant qu’il n’y avait rien dans la procédure qui puisse laisser penser qu’elle ait commis une quelconque faute.

Le sort des actions Hermès est au centre d’une affaire complexe, marquée par une rivalité historique entre le sellier et LVMH. Ce dernier avait constitué une participation de 23% dans son concurrent au début des années 2000, déclenchant l’un des conflits boursiers les plus retentissants en France. Outre la procédure pénale, l’héritier a engagé une action civile contre LVMH et son actionnaire principal, leur réclamant quatorze milliards d’euros. En décembre dernier, le groupe de luxe avait réaffirmé n’avoir, à aucun moment, détourné des actions Hermès. Hermès avait déposé plainte avec constitution de partie civile en 2012, notamment pour délit d’initié et manipulation de cours. L’enquête de l’Autorité des marchés financiers avait établi la volonté de LVMH de dissimuler son entrée progressive dans le capital d’Hermès, et l’AMF avait condamné le groupe à une amende de huit millions d’euros en 2013.

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