Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

À Suarez, la peur dicte le quotidien avant l’élection présidentielle

Article

le

Dans le sud‑ouest de la Colombie, les habitants de la commune de Suarez affrontent une vague de violences sans précédent alors qu’ils s’apprêtent à voter pour désigner le successeur de Gustavo Petro.

La commune de Suarez, forte de 34 000 âmes, est prise en étau entre les groupes rebelles dissidents des accords de paix de 2016 et les organisations criminelles qui se disputent le contrôle de l’exploitation minière illégale et du narcotrafic. Les frappes de drones explosifs, les voitures piégées et les attaques contre les forces de l’ordre sont devenues monnaie courante. L’an dernier, 77 attaques à l’explosif ont été recensées, visant surtout la base militaire et le commissariat, mais les civils paient aussi un lourd tribut.

José Moran, responsable local de 73 ans, raconte que les enfants du village crient « la guerre arrive » dès qu’ils entendent un hélicoptère ou un bruit suspect. « Ils sont traumatisés », confie‑t‑il. Dans son centre de réunions, un trou dans le toit en tôle témoigne de la dernière attaque de drone. « Ici, nous vivons dans l’angoisse », ajoute‑t‑il.

La campagne présidentielle oppose deux visions de la sécurité. Le sénateur de gauche Ivan Cepeda, favori des sondages, entend poursuivre la politique de « paix totale » prônée par Petro. Son rival de droite, Abelardo de la Espriella, promet au contraire une main de fer et envisage de supprimer le tribunal spécial issu de l’accord avec les Farc. Les habitants, quel que soit leur choix, espèrent un répit. Flor Valencia, employée d’école, confie que les explosions provoquent un sentiment de désespoir et que les enfants ont très peur.

Le maire César Ceron qualifie la violence de « hors de contrôle ». Il estime que la paix ne peut pas reposer uniquement sur une réponse militaire, mais doit s’accompagner de politiques sociales offrant des garanties économiques aux familles. Dans un hôtel proche du commissariat, la gérante Tania Cervantes déplore que les touristes fuient à cause des attaques. « Que la paix arrive, s’il vous plaît », implore‑t‑elle.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus