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À Sarcelles, un maire de 38 ans met fin à trente ans de règne socialiste

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Bassi Konaté, éducateur d’origine malienne, a conquis la mairie de Sarcelles en mars. Son secret? Une campagne de proximité mêlant rappeurs, influenceurs et porte-à-porte dans les HLM.

Cette victoire n’est pas qu’un simple changement de majorité locale. Elle raconte une lame de fond politique qui dépasse les frontières du Val-d’Oise. À 38 ans, Bassi Konaté a réussi là où d’autres avaient échoué. Il a repris la mairie des mains du Parti socialiste, qui la détenait depuis trois décennies. Sa méthode a fait la différence. Il a mobilisé des influenceurs, des footballeurs et des rappeurs pour toucher les jeunes via les réseaux sociaux. Il a aussi frappé aux portes des logements sociaux, là où vivent des familles venues de plus de 80 communautés différentes.

Sarcelles est une ville jeune, pauvre et incroyablement diverse. Près de 60 000 habitants y cohabitent, dont des milliers de juifs et d’Assyro-Chaldéens. Dans ce creuset, le nouveau maire assume un discours d’unité. « Sarcelles c’est la plus belle ville du monde parce que le monde entier y est représenté », a-t-il lancé. Un message qui résonne dans une France fracturée, où la campagne présidentielle de 2027 se prépare déjà. Son élection illustre la percée de La France insoumise dans les banlieues populaires, portée par un électorat jeune et méfiant envers les partis traditionnels.

Car au-delà du local, c’est une dynamique nationale qui se dessine. Les Insoumis capitalisent sur le rejet du macronisme et la montée des inégalités. Leur programme prévoit des hausses de salaires, le contrôle des prix et une retraite anticipée. De quoi séduire ceux qui peinent à joindre les deux bouts. À Sarcelles, les fins de mois sont difficiles. Une mère raconte que sa fille intérimaire et enceinte a dû revenir vivre chez elle, incapable de payer un loyer. Dans ce contexte, les promesses de justice sociale font mouche.

Pourtant, l’élection de Bassi Konaté suscite des inquiétudes. La communauté juive de Sarcelles, l’une des plus importantes d’Île-de-France, craint une montée de l’antisémitisme alimentée par les positions pro-palestiniennes de LFI. Le représentant local Moïse Kahloun dit apprécier la présence du maire aux fêtes juives, mais s’inquiète du discours du parti. « LFI stigmatise notre communauté », confie-t-il. L’ancien maire socialiste Patrick Haddad parle d’une France « fracturée » en trois blocs, où le populisme identitaire prospère sur la souffrance sociale.

Le nouveau maire, lui, assure vouloir protéger la coexistence. Il a participé à plusieurs cérémonies juives depuis son élection. Son défi est immense. Il doit convaincre que sa victoire n’est pas celle d’un camp contre un autre, mais l’espoir d’une génération qui refuse l’immobilisme. Avec une abstention record chez les jeunes, il a réussi à les faire voter. La question est de savoir si cette dynamique locale peut se transformer en succès national pour Jean-Luc Mélenchon en 2027. Les sondages placent déjà le leader insoumis en position possible pour un second tour, porté par les oubliés de la République.

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