Europe
Bart De Wever remet sa démission et la Belgique reste sans accord budgétaire
Faute de compromis sur le budget, le Premier ministre belge a présenté sa démission au roi. Le souverain n’a pas tranché et renvoie les partis à leur…

Faute de compromis sur le budget, le Premier ministre belge a présenté sa démission au roi. Le souverain n’a pas tranché et renvoie les partis à leur responsabilité.
La coalition belge n’a pas réussi à s’entendre sur le budget fédéral et sur l’effort de 10 milliards d’euros que le gouvernement veut réaliser. Bart De Wever a donc remis sa démission au roi. Le souverain ne l’a pas acceptée pour l’instant. Il veut d’abord consulter les présidents des partis qui composent la majorité avant de recevoir de nouveau le Premier ministre. Le roi insiste sur un point. La Belgique ne peut pas se permettre une crise politique qui s’éternise. Il appelle chacun au sens des responsabilités et au compromis, dans l’intérêt général.
Bart De Wever dirige une coalition de cinq partis ancrée au centre-droit, avec la N-VA, le MR, Les Engagés, CD&V et Vooruit. Le blocage porte sur la manière de réduire un déficit qui dépasse les 5 % du PIB. L’effort passerait surtout par des coupes dans les dépenses publiques, notamment dans la santé. Il inclurait aussi une hausse de la TVA. Ce dernier point bloque. Le MR, libéral francophone, refuse tout relèvement de la fiscalité, qu’il juge dangereux pour l’inflation. David Clarinval, membre du MR et ministre de l’Economie, estime que le volume de taxes sur la table reste beaucoup trop élevé. Pour lui, il dépasse largement ce qui était prévu dans l’accord de gouvernement. Il reproche aussi à ses partenaires de refuser de vraies réformes pour réduire les dépenses publiques. À ses yeux, ce refus condamne le pays à creuser un déficit toujours plus grand. Les chrétiens-démocrates flamands réclament une reprise rapide des discussions vu la gravité de la situation.
Jusqu’ici, Bart De Wever a écarté l’idée d’un budget d’urgence calqué sur le dernier exercice annuel. La loi belge autorise pourtant cette pratique des douzièmes provisoires. Il refuse pour l’instant cette solution. Un blocage comparable s’était déjà produit par le passé, avec une menace de démission et une entrevue avec le roi.
Les syndicats mènent une mobilisation de longue durée contre l’austérité. Une grande manifestation a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes, avec des violences et des dégradations en marge du cortège. De nombreux slogans dénonçaient les écarts croissants de richesse et demandaient que les hauts revenus contribuent davantage à l’effort. Dans l’opposition, le Parti socialiste francophone accuse l’exécutif de protéger les grandes fortunes au détriment du reste de la population. Le Vlaams Belang dénonce une crise budgétaire historique.
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