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Léon XIV entame en France une tournée pas comme les autres
Le pape de 71 ans s’apprête à passer quatre jours en France, entre intelligence artificielle, migrations et grandes célébrations. Un déplacement hors…


Le pape de 71 ans s’apprête à passer quatre jours en France, entre intelligence artificielle, migrations et grandes célébrations. Un déplacement hors norme, suivi par un million de fidèles attendus à Paris.
À 71 ans, Léon XIV met le cap sur Paris pour quatre journées françaises. Sa grand-mère est née au Havre avant de rejoindre les Etats-Unis, un détail qui donne à ce voyage une saveur particulière. À son arrivée à Orly, Emmanuel Macron l’attend. Dans tout le pays, les cloches des églises se mettent à sonner à toute volée pendant sept minutes.
Sa première journée tient du marathon. En fin de matinée, il s’adresse depuis l’Elysée aux autorités et au corps diplomatique. L’après-midi, il gagne le siège de l’Unesco, où il devrait relancer son appel à encadrer l’intelligence artificielle, alors que les dérives possibles des algorithmes nourrissent une inquiétude grandissante. Pour Mgr Roberto Campisi, observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’Unesco, la dignité humaine, la paix, l’éducation et la responsabilité face aux nouvelles technologies devraient tenir une large place dans son propos.
Vient ensuite le moment tant attendu du bain de foule. Sous une chaleur estivale et une sécurité très lourde, Léon XIV parcourt en papamobile 2,5 kilomètres depuis l’église Notre-Dame-des-Champs, dans le 6e arrondissement, jusqu’à la cathédrale Notre-Dame. Des formations musicales, postées tous les 50 mètres, rythment la progression. Carmen Quintana, retraitée péruvienne de 71 ans, y assistera « très émue ». Sa Confrérie des Porteurs du Seigneur des Miracles de Paris a appelé la communauté latino-américaine à accueillir le pape avec « drapeaux, musique et danses ».
En fin d’après-midi, il célèbre des vêpres devant prêtres, diacres et séminaristes à Notre-Dame. Il devient le premier pape à s’y rendre depuis la réouverture de la cathédrale en décembre 2024. Son prédécesseur François avait, lui, décliné l’invitation à la cérémonie organisée cinq ans après l’incendie qui avait ravagé l’édifice gothique.
La soirée se poursuit au Stade de France, à Saint-Denis, au nord de Paris. Une grande veillée de prière doit réunir 80 000 jeunes de 17 à 35 ans. Au menu, pop-louange, échange avec le pape et présentation de la « sainte tunique du Christ », relique conservée à Argenteuil.
La tournée passe par trois étapes, Paris, Lourdes et Metz. Elle mobilise un dispositif impressionnant, avec 17 000 bénévoles, 15 000 policiers et gendarmes, 2 500 journalistes accrédités et un budget de 27 millions d’euros. Les sujets abordés vont de la crise migratoire à la paix en Europe, à sept mois d’une élection présidentielle française très ouverte où l’extrême droite apparaît en position de force.
L’évêque de Saint-Denis, Étienne Guillet, ne demande pas au pape de dire aux Français comment voter. Il souhaite qu’il « nous tire tous vers le haut » en rappelant ce qui fonde une communauté nationale, la fraternité, l’espérance, le refus d’avoir peur de l’autre. Pour l’Eglise de France, le moment est charnière. La pratique religieuse recule avec la sécularisation, mais les baptêmes de jeunes progressent depuis cinq ans, un phénomène qui pique la curiosité du pape.
Le cardinal Jean-Marc Aveline, président de l’épiscopat français, est à l’origine de cette visite placée sous la devise « Pour que le monde ait la vie ». Il se dit « non pas surpris, mais quand même heureusement touché » par cet élan qui se développe. La séquence parisienne, étalée sur deux jours, devrait à elle seule drainer un million de personnes. Les préparatifs battent leur plein, avec des panneaux « Bienvenue à Paris » sur les églises, un chapiteau géant place de la Concorde pour la messe du lendemain et des répétitions pour les 2 500 chanteurs de la veillée. Le lendemain justement, une messe géante entre la Concorde et les Champs-Elysées attend 600 000 fidèles, dont plusieurs figures politiques, mais pas Emmanuel Macron.





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