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En Argentine, la pauvreté repart à la hausse et brise deux ans de recul

Près d’un Argentin sur trois vit désormais sous le seuil de pauvreté. Un rebond qui met un coup d’arrêt à plus de deux ans d’amélioration continue.

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En Argentine, la pauvreté repart à la hausse et brise deux ans de recul

Près d’un Argentin sur trois vit désormais sous le seuil de pauvreté. Un rebond qui met un coup d’arrêt à plus de deux ans d’amélioration continue.

La tendance s’est inversée. Au premier semestre 2026, la pauvreté a touché 32,3 % de la population argentine, contre 28,2 % à la fin de 2025. Quatre points gagnés en six mois, selon l’institut national de la statistique. Dans ce pays de 47 millions d’habitants, troisième économie d’Amérique latine, près de trois personnes sur dix se retrouvent ainsi sous le seuil de pauvreté. Pour un adulte, ce seuil s’élevait en août à environ 520 000 pesos, soit un peu moins de 300 euros, pour couvrir un panier de biens et services de base. La grande misère progresse elle aussi, passant de 6,3 % à 7,5 % en six mois.

Cette remontée n’a surpris personne. Elle suit plusieurs mois de regain d’inflation au début de 2026, avant un net ralentissement en août, à 1,7 % sur un mois, du jamais-vu depuis quatorze mois. Les chiffres publiés reposent sur une extrapolation en pourcentage, établie à partir d’un échantillon de 31 centres urbains, sans avancer de nombre absolu de personnes concernées.

Depuis son arrivée au pouvoir fin 2023, Javier Milei imprime une austérité budgétaire sévère. Le président ultralibéral a fait chuter l’inflation, de 161 % en glissement annuel à environ 33 % en près de trois ans. La facture a été lourde pour l’activité, la consommation et l’emploi. Début 2024, la pauvreté avait explosé à 52,9 % de la population, un niveau inédit depuis plus de vingt ans. Deux causes se conjuguaient, la flambée des prix et une dévaluation brutale de plus de 50 % dès les premiers jours de son mandat. Puis la courbe s’est peu à peu repliée, au rythme de la décrue de l’inflation, le gouvernement maintenant au-dessus de celle-ci une aide sociale directe, l’allocation familiale destinée aux plus vulnérables.

Le chef de l’État se félicite régulièrement d’avoir sorti des millions de personnes de la pauvreté. Mais son calcul part du pic de 52,9 %, en partie provoqué par sa propre dévaluation. La méthode de l’indice prête d’ailleurs à débat. Elle s’appuie sur des structures de dépenses vieilles de vingt ans, à une époque où nombre de services essentiels étaient subventionnés et où les prix de certains produits, médicaments ou assurance santé, restaient encadrés. « Ces coûts fixes des ménages représentaient un pourcentage moindre des dépenses. C’est pourquoi une famille a aujourd’hui le sentiment qu’une fois finis de payer ces coûts fixes, il lui reste peu pour vivre », analyse Eduardo Donza, statisticien chercheur à l’Observatoire social de l’Université catholique. Pour lui, les seuils de pauvreté calculés à partir du revenu ne reflètent tout simplement pas la réalité.

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