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Macron envoie des militaires en Arabie saoudite et n’exclut plus de baisser les taxes

Le chef de l’Etat a annoncé l’envoi de soldats et de systèmes de défense pour protéger un terminal pétrolier saoudien, tout en refusant de s’interdire une…

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Macron envoie des militaires en Arabie saoudite et n'exclut plus de baisser les taxes

Le chef de l’Etat a annoncé l’envoi de soldats et de systèmes de défense pour protéger un terminal pétrolier saoudien, tout en refusant de s’interdire une baisse des taxes sur les carburants. Il a aussi jugé crédible une nouvelle mobilisation russe de 300 000 hommes et évoqué un risque d’attaque visant la France.

Emmanuel Macron a prévenu que « la situation est grave ». Devant les caméras, il a annoncé l’envoi de moyens militaires en Arabie saoudite, comprenez des soldats, des radars et des systèmes de défense, chargés de protéger le site de Yanbu. Ce terminal, principal point de sortie du brut saoudien vers la mer Rouge, figure aussi parmi les cibles des Houthis du Yémen. Le président l’a martelé sans détour, il ne veut pas entraîner la France dans la guerre qui oppose le royaume à ces rebelles pro-iraniens. Protéger une infrastructure, oui. Devenir belligérant, non.

Derrière cette décision, il y a une mécanique que le chef de l’Etat a longuement détaillée. La guerre au Moyen-Orient et les tensions extrêmes dans les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb tirent les cours vers le haut. La guerre en Ukraine pèse aussi, dans une moindre mesure. Résultat, les prix à la pompe. Le gazole frôle déjà les 2,40 euros le litre, un niveau record. Emmanuel Macron assure que les autorités font « tout » pour éviter les pénuries et que les approvisionnements en diesel, en gaz et en fioul sont garantis jusqu’à la fin de l’année. Il n’a pas totalement fermé la porte à des difficultés au début de 2027 si la crise devait s’aggraver. Son pari tient en une idée. Une détente sur ce site-clé peut se répercuter « immédiatement » sur le prix payé par les automobilistes. Il a aussi mis en avant les discussions menées avec les Iraniens et les Omanais pour rouvrir le détroit d’Ormuz, et n’a pas exclu de sortir les avions de combat Rafale si le besoin s’en fait sentir.

Reste la question qui fâche, celle des taxes. Pour lui, la hausse vient d’abord de causes géopolitiques, donc la réponse doit être diplomatique. « Notre intérêt, c’est plutôt de baisser les prix avant de baisser les taxes », a-t-il plaidé, convaincu que la France, forte de sa diplomatie et de son poids dans la région, peut obtenir des résultats. Mais l’opinion et une bonne partie de l’opposition réclament exactement l’inverse, une baisse des taxes. Une majorité de Français y est favorable dans les sondages. Alors le président s’est gardé de se l’interdire. « En fonction de l’évolution, il ne faut rien exclure », a-t-il reconnu, avant de promettre que les prix ne seront pas laissés à s’envoler. La porte est entrouverte, sans engagement ferme.

L’annonce militaire a fait réagir immédiatement. Jean-Luc Mélenchon, candidat LFI à la présidentielle, a demandé que le Parlement soit saisi au titre de l’article 35 de la Constitution. Pour lui, envoyer des troupes en Arabie saoudite revient à s’installer sur un théâtre de guerre. Sa question est directe. Si la base est frappée, que fera la France ? Il refuse de la voir devenir belligérante.

Sur l’Ukraine, Emmanuel Macron a relancé son idée de « double moratoire », portant à la fois sur les frappes contre les infrastructures énergétiques et civiles et sur la mer Noire. Il s’est montré nettement plus pessimiste sur les intentions de Moscou. Une nouvelle mobilisation russe de 300 000 hommes pour tenter de prendre « tout le Donbass » lui semble un scénario crédible. Il a même estimé que la France pouvait à son tour être visée par une attaque de drone chargé d’explosifs, sur le modèle de ce qui s’est produit à l’aéroport de Leipzig au début du mois d’août, une attaque que l’Allemagne avait imputée à la Russie.

A un peu plus de sept mois de son départ de l’Elysée, le président a dû s’expliquer sur les marges de manoeuvre budgétaires, réduites par une dette fortement creusée pendant ses deux quinquennats. Il ne regrette pas le « quoi qu’il en coûte », ces aides publiques déployées pendant la pandémie de Covid. Son regret porte ailleurs, sur le fait de ne pas avoir « assez réformé le modèle social » pour réduire les dépenses. Sa dernière interview simultanée sur les deux grandes chaînes remontait à juin 2024, trois jours avant une dissolution qui l’a effacé de la scène française faute de majorité, dans un paysage politique fragmenté qui nourrit l’instabilité et complique la donne financière. Il a semblé assumer à nouveau ce choix. Mais il juge qu’une nouvelle dissolution « serait mauvaise » si près de la présidentielle du printemps. Celui qui se pose en garant jusqu’au scrutin, et refuse pour l’instant de soutenir un candidat, en a appelé à « l’esprit de responsabilité » des forces politiques pour adopter le budget présenté par Sébastien Lecornu, avec 54 milliards d’euros d’effort.

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