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Le Venezuela descend dans la rue pour réclamer le retour de Maria Corina Machado

Des centaines de personnes ont manifesté à Caracas pour que Maria Corina Machado puisse enfin rentrer au Venezuela. La lauréate du prix Nobel de la paix…

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Le Venezuela descend dans la rue pour réclamer le retour de Maria Corina Machado

Des centaines de personnes ont manifesté à Caracas pour que Maria Corina Machado puisse enfin rentrer au Venezuela. La lauréate du prix Nobel de la paix, exilée au Panama, a de nouveau été bloquée.

Dans les rues de Caracas, la colère et l’espoir se sont mélangés. Des centaines de Vénézuéliens ont défilé pour soutenir Maria Corina Machado, figure de l’opposition et prix Nobel de la paix, qui vit désormais au Panama. Leur message était simple. Ils veulent la voir revenir dans son pays, après plusieurs tentatives qui ont toutes échoué. Certains brandissaient un grand drapeau du Venezuela. D’autres scandaient « Maria Corina, viens, nous t’attendons » ou « Maria Corina viens, tes gens sont prêts ». Un autre slogan est revenu avec force, « Delcy dehors ».

Son parti, Vente Venezuela, assure qu’elle a encore essayé de rentrer, sans succès. Les autorités américaines démentent toute pression, mais beaucoup d’observateurs y voient un veto de Washington. Ils soulignent que Donald Trump a affiché sa satisfaction à l’égard du travail de Delcy Rodriguez, présidente par intérim. Celle-ci s’est rendue à New York pour l’Assemblée générale des Nations unies et a rencontré Donald Trump. Pour les manifestants, le contraste est insupportable. « Ce n’est pas possible que, pendant que Delcy Rodriguez parcourt le monde, on ne laisse pas entrer Maria Corina Machado ici au Venezuela », lance Douglas Mata, commerçant de 65 ans. Il ajoute que Delcy Rodriguez est reçue comme une reine aux États-Unis alors que Maria Corina ne peut pas entrer dans son propre pays.

La marche a notamment bloqué temporairement l’autoroute urbaine près de la Place Venezuela et de l’Université centrale du Venezuela, en plein centre-ville. La pluie a fini par disperser les participants. Josefina Guerra, de la coalition syndicale nationale, résume le sentiment général. « Le Venezuela l’attend, pas seulement Caracas, le Venezuela », dit-elle. Pour beaucoup, l’absence de Maria Corina Machado n’est pas seulement une question politique. C’est aussi le symbole d’un pays où l’opposition reste empêchée de peser pleinement.

Maria Corina Machado vivait cachée au Venezuela, par crainte d’être arrêtée après la réélection contestée de Nicolas Maduro. Elle a quitté le pays en secret pour recevoir son prix Nobel en Norvège. Après un bref passage aux États-Unis, elle s’est installée au Panama. Déclarée inéligible, elle avait mené la campagne présidentielle au nom d’Edmundo Gonzalez Urrutia, un diplomate alors peu connu, qui avait accepté de la remplacer au pied levé. L’opposition avait présenté les procès-verbaux de plus de trois quarts des bureaux de vote et revendiqué la victoire. Le Conseil national électoral, aligné sur le pouvoir, avait donné Nicolas Maduro vainqueur sans publier de résultats détaillés. Une partie de la communauté internationale n’a pas reconnu ce résultat. La répression qui a suivi a fait 28 morts et des milliers d’arrestations.

Depuis la capture de Nicolas Maduro par l’armée américaine, Delcy Rodriguez gouverne sous pression américaine et a multiplié les concessions. Devant l’ONU, elle a promis des élections avec « l’exercice responsable et plein de la politique » et « des conditions réelles de participation à toutes les forces politiques du pays ». Le pouvoir a aussi ouvert un dialogue avec l’opposition en vue d’une transition démocratique. Un deuxième cycle de discussions doit se conclure prochainement. Maria Corina Machado n’a pas été invitée à y participer, mais elle a affirmé qu’elle ne bloquerait pas le processus. Son retour, lui, reste suspendu à des forces qui le dépassent.

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