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Ségolène Royal crée la polémique en appelant à plus de voix juives sur Gaza

Lors du premier débat de la primaire social-démocrate, l’ancienne ministre a estimé que davantage de voix israéliennes et juives devraient s’exprimer sur…

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Ségolène Royal crée la polémique en appelant à plus de voix juives sur Gaza

Lors du premier débat de la primaire social-démocrate, l’ancienne ministre a estimé que davantage de voix israéliennes et juives devraient s’exprimer sur le conflit à Gaza pour lutter contre l’antisémitisme. Des associations juives dénoncent une injonction qui fait porter aux Juifs la responsabilité de la haine dont ils sont victimes.

C’était le premier débat de la primaire social-démocrate. Ségolène Royal y a défendu une position qui n’a pas tardé à faire réagir. Selon elle, il faudrait que davantage de voix israéliennes et juives s’expriment sur le conflit à Gaza, afin de lutter contre l’antisémitisme. L’ancienne ministre a précisé le fond de sa pensée. La montée de l’antisémitisme ne serait pas imputable à Israël, mais aux dirigeants actuels du pays. C’est donc pour cette raison qu’elle appelle à entendre plus de voix israéliennes et juives pour dire que ce qui se passe à Gaza est intolérable.

Les réactions ont fusé. Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France a parlé d’une trahison de l’idéal républicain. Il dénonce une injonction qui rend les Juifs responsables de la haine dont ils sont victimes, en leur demandant de se positionner sur Gaza plutôt qu’aux antisémites de cesser de s’en prendre à eux au nom d’un conflit situé à 3 000 kilomètres. Philippe Meyer, vice-président du Crif, abonde dans le même sens. Être juif ne rend suspect d’aucune allégeance, insiste-t-il, et il n’existe pas de tribunal chargé de trier les bons Juifs des autres. Il qualifie ces propos de moralement et politiquement intolérables.

D’autres voix se sont élevées. Ariel Goldmann, président de la Fondation du Judaïsme français, a interpellé Ségolène Royal et lui demande si elle oserait exiger des musulmans de France qu’ils se mobilisent pour dénoncer la dictature en Algérie ou la répression sanglante en Iran. L’Union des étudiants juifs de France a rappelé que les Juifs ne sont pas et ne seront jamais responsables de l’antisémitisme. La ministre de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a elle aussi réagi, soulignant qu’aucun Français juif n’est responsable de la situation à Gaza. Pour elle, essentialiser et assigner mène droit à l’antisémitisme.

Face à cette vague de critiques, Ségolène Royal s’est défendue. Elle a réaffirmé le cœur de son message. Il faut selon elle soutenir et encourager les Israéliens qui se dressent contre le régime du criminel de guerre Netanyahu. Elle assure n’avoir jamais essentialisé nos compatriotes de confession juive. Et elle estime que chaque fois qu’on aborde ce sujet, sa parole se retrouve déformée.

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