Planète
Le lac d’Annecy se vide un centimètre à la fois
Dans le lac d’Annecy, le niveau descend d’un centimètre par jour. Les bateaux restent bloqués à quai et des plages de sable blanc surgissent là où l’eau…


Dans le lac d’Annecy, le niveau descend d’un centimètre par jour. Les bateaux restent bloqués à quai et des plages de sable blanc surgissent là où l’eau coulait encore.
Des étendues de sable blanc à perte de vue, là où l’eau clapotait il y a peu. Dans le lac d’Annecy, le paysage change à vue d’œil sous un soleil qui ne lâche rien. Jean-Marc Djian, un habitant, y promène son chien. « C’est la première fois que je vois une plage, et les gens marcher aussi loin dans le lac », s’étonne-t-il, alors que les promeneurs s’aventurent bien au-delà du rivage habituel.
La baisse ne s’arrête pas. Un centimètre par jour, confirme Pierre Bruyère, président du Syndicat mixte du lac d’Annecy. La cote de référence, autour de 60 centimètres en période de basses eaux, est aujourd’hui descendue à 20 centimètres. Céline Fournel, responsable d’exploitation de la Compagnie des Bateaux d’Annecy, mesure l’écart. Le lac a perdu entre 60 et 70 centimètres par rapport à la normale. Et aucune pluie n’est annoncée dans les prochains jours.
La cause est simple. Après un été très sec, la France a connu un mois de septembre presque sans précipitations, avec des sols à un niveau de sécheresse historique pour la saison. La Haute-Savoie, d’ordinaire bien arrosée, n’est pas épargnée. La ville d’Annecy est même classée en alerte renforcée sur le site VigiEau, ce qui entraîne des restrictions sur l’eau potable. Le lac alimente pourtant les réseaux de 34 communes, un rôle qui n’est pas remis en question.
Sur l’eau, les conséquences sautent aux yeux. La compagnie a dû immobiliser son bateau-restaurant, le Libellule. Avec un tirant d’eau d’environ 40 centimètres, le navire risquerait de s’échouer et d’abîmer sa coque à la moindre traversée. Le chenal est plein, toutes les places sont occupées, mais les embarcations ne bougent plus. Sylvie, une Parisienne venue pour un dîner romantique à bord, a d’abord été déçue. Nathan Nous, 24 ans, loue des pédalos et doit pousser son matériel 150 mètres plus loin depuis la mi-août. « Il faut faire embarquer les clients carrément plus au large », raconte-t-il.
Tout n’est pas noir pour autant. Pierre Bruyère y voit un bienfait pour la faune et la flore. Cygnes et foulques pataugent près des algues, tandis que les plantes aquatiques comme les roseaux profitent de ces variations pour se régénérer. Ce phénomène porte un nom, le marnage, quand il est provoqué par l’homme. Ici, il se produit de façon naturelle, et son président s’en réjouit. Il préférerait tout de même retrouver la cote des 60 centimètres, un seuil qui laisserait à chacun la possibilité d’exercer son activité dans de bonnes conditions.
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