Monde
Le pape Léon XIV défend le droit des journalistes à informer, en plein bras de fer entre la Maison Blanche et
De retour de Rome vers Paris, le souverain pontife a profité d’un échange avec la presse à bord de son avion pour rappeler que le travail des médias…


De retour de Rome vers Paris, le souverain pontife a profité d’un échange avec la presse à bord de son avion pour rappeler que le travail des médias compte. Une prise de parole qui intervient au moment où l’exécutif américain tentait d’écarter plusieurs rédactions de ses propres locaux.
Interrogé par des journalistes qui l’accompagnaient dans son déplacement entre Rome et Paris, Léon XIV a répondu sans détour à une question portant sur le conflit ouvert entre la Maison Blanche et trois rédactions. Sa réponse tient en quelques mots. Il s’est dit très heureux que les reporters présents soient les bienvenus à bord, avant d’ajouter que, sur la couverture médiatique, l’essentiel était que tout le monde puisse en profiter. Le pape a aussi qualifié de très importante la place occupée par les médias. Un soutien appuyé, formulé à sa manière, sans envolée ni formule solennelle.
Le contexte donne à ces quelques phrases un poids particulier. La présidence américaine avait décidé de fermer l’accès de la Maison Blanche aux équipes de CNN, de Politico et de MS Now. Un juge fédéral a estimé que cette interdiction était probablement contraire à la Constitution. La Maison Blanche a ensuite annoncé avoir réintégré les journalistes concernés, mettant fin à l’épisode. Le pape américain, lui, n’a pas prononcé le nom du président Donald Trump. Il s’était déjà attiré son mécontentement après avoir critiqué la guerre menée par les États-Unis contre l’Iran.
Ce qui se joue ici dépasse la simple anecdote de voyage. Un responsable religieux de premier plan, lui-même Américain, choisit de dire publiquement que l’accès à l’information doit être ouvert au plus grand nombre, alors qu’un pouvoir politique venait d’en fermer la porte à certaines rédactions. Il ne s’agit pas d’un texte doctrinal ni d’une déclaration officielle, mais d’une réponse spontanée, à quelques mètres de ceux qui vivent de ce métier. Pour les journalistes présents, le message est limpide. Pour la Maison Blanche, il s’ajoute à une séquence déjà marquée par la décision d’un tribunal fédéral.
Reste une question de fond, que ces propos ne tranchent pas. Le pape n’a pas commenté la portée juridique du dossier, ni la manière dont les rédactions concernées ont couvert la présidence américaine. Il a parlé de principe, pas de cas particulier. Mais dans un moment où l’accès des médias aux lieux de pouvoir devient un terrain de confrontation, le fait qu’une voix comme la sienne rappelle publiquement l’importance de la presse libre et partagée compte. Et cela, aucune décision administrative ne peut l’effacer.
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