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Trump déroule le tapis rouge à Xi, la rivalité reste intacte
Cuivres, bannières et dîner d’Etat, la Maison Blanche a mis les formes pour recevoir Xi Jinping. Mais sous les apparences chaleureuses, les dossiers qui…


Cuivres, bannières et dîner d’Etat, la Maison Blanche a mis les formes pour recevoir Xi Jinping. Mais sous les apparences chaleureuses, les dossiers qui opposent Washington et Pékin n’ont pas avancé d’un pouce.
Donald Trump et son épouse Melania ont sorti l’artillerie lourde pour accueillir Xi Jinping et Peng Liyuan. Accueil personnalisé dès la descente d’avion mercredi, fanfare et oriflammes à leur arrivée à la Maison Blanche le lendemain, dîner d’Etat réunissant plus de 130 convives, dont le gratin de l’industrie et de la tech américaines aux côtés d’une vingtaine de membres de la délégation chinoise. Cerise sur le gâteau, le couple présidentiel chinois a eu droit à une visite du chantier de la future salle de bal de la Maison Blanche, présentée comme une faveur toute particulière.
Les deux hommes s’étaient déjà croisés en mai, quand Xi avait reçu les Trump. Cette fois, le président américain a de nouveau revendiqué une « vraiment grande amitié » avec son homologue. Xi, fidèle à sa réserve, a préféré parler d’un « rapport personnel ». Surtout, il a martelé la nécessité pour les deux puissances de « coexister en paix » malgré leurs désaccords, et rappelé le risque du « piège de Thucydide », ce scénario redouté d’un conflit entre une puissance installée et une autre qui monte. Il a aussi posé la Chine en interlocuteur d’égal à égal avec les Etats-Unis.
Dans les faits, le sommet a accouché de quelques gestes concrets. Xi a promis d’inviter 100 000 jeunes Américains en Chine sur cinq ans, dans le cadre d’échanges, et de prêter deux pandas à un zoo d’Atlanta. Des annonces sympathiques, mais qui ne touchent pas au cœur des tensions.
Car les sujets qui fâchent sont vite revenus sur la table. Xi a demandé aux Etats-Unis de traiter la question de Taïwan « avec prudence », et surtout de s’opposer clairement à l’indépendance de l’île, que Pékin considère comme partie intégrante de son territoire. Washington campe pour l’instant sur sa position historique, qui consiste à ne pas soutenir cette indépendance sans pour autant la combattre. Un changement de cap paraît peu probable, tant il bouleverserait des décennies de politique américaine.
Autre dossier épineux, l’Iran. Xi a souhaité que Washington et Téhéran trouvent un accord « le plus rapidement possible » par la voie de la négociation. La Chine, partenaire majeur de l’Iran, s’est toujours opposée à la guerre lancée par les Etats-Unis et Israël, dont elle subit les effets. De son côté, Washington aimerait voir Pékin peser sur Téhéran pour le faire plier.
Sur l’intelligence artificielle, les deux pays, leaders mondiaux du secteur, affichent des visions opposées. Xi a estimé qu’ils portent une responsabilité commune pour développer et encadrer l’IA au service du bien commun, en veillant à ce que son développement reste « toujours sous contrôle humain ». Trump, lui, a affirmé vouloir rester « exactement au stade actuel » de la régulation. Si les deux camps partagent une même inquiétude face aux risques, leurs méthodes divergent trop pour espérer des avancées communes.
Reste le dossier commercial. La trêve dans la guerre commerciale qui a secoué l’économie mondiale en 2025 a bien été prolongée, mais seulement jusqu’au 10 janvier. Un répit court, annoncé avant même l’arrivée de Xi. Ce dernier a salué un « arrangement », sans plus de détails. Pour Donald Trump, ce calendrier tombe à pic, puisqu’il lui permet de passer les élections de mi-mandat de novembre sans nouveau bras de fer. Les Chinois, eux, auraient sans doute espéré une prolongation plus longue, mais ils savent se montrer réalistes.
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