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Léon XIV en France, un pape américain venu porter la paix sur une terre éprouvée

Le souverain pontife a entamé vendredi une visite apostolique de quatre jours dans l’Hexagone, où il a placé la paix et le désarmement au cœur de son…

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Léon XIV en France, un pape américain venu porter la paix sur une terre éprouvée

Le souverain pontife a entamé vendredi une visite apostolique de quatre jours dans l’Hexagone, où il a placé la paix et le désarmement au cœur de son message. Entre l’Élysée, l’Unesco, Notre-Dame et Lourdes, ce déplacement oblige aussi l’Église à regarder en face son passé.

Les cloches de toutes les églises du pays ont résonné à dix heures précises, vendredi matin. Au même moment, à l’aéroport d’Orly, le pape Léon XIV descendait d’avion et entamait une visite apostolique de quatre jours en France, une première pour un souverain pontife depuis près de vingt ans. Emmanuel Macron et son épouse l’attendaient sur le tarmac, avant que le cortège ne prenne la direction de l’Élysée, où le premier pape américain de l’histoire devait prononcer en français un discours très suivi.

Devant un parterre d’invités, il a appelé le monde à ne pas détourner le regard des souffrances causées par le fléau de la guerre. Sa mise en garde vise aussi la prolifération des armes nucléaires. La France, a-t-il demandé, doit rester un défenseur infatigable de la paix et du multilatéralisme, en particulier au sein de l’Europe. Ce fil rouge traverse tout son pontificat, au point qu’il s’est décrit comme un pèlerin venu porter ce message. Emmanuel Macron lui a répondu que beaucoup de Français ressentent, avec sa visite, une véritable espérance. Dans la salle figuraient notamment plusieurs cardinaux, l’ancien président Nicolas Sarkozy et les anciens Premiers ministres Gabriel Attal, Jean-Pierre Raffarin et Michel Barnier.

L’engouement se lit déjà dans les chiffres. Six cent mille personnes se sont inscrites pour participer samedi après-midi à la messe en plein air célébrée place de la Concorde, face aux Champs-Élysées. Le cardinal Matthieu Rougé y voit un signe fort, soulignant que ce pape dégage une paix, celle du Christ, et que tout le monde aspire à vivre ce week-end comme une oasis de sérénité. Des foules sont également annoncées à Lourdes, dans les Hautes-Pyrénées, et à Metz, en Moselle.

Vendredi après-midi, Léon XIV était attendu au siège de l’Unesco, l’agence des Nations unies pour la culture et l’éducation, fragilisée financièrement depuis le retrait des États-Unis décidé par Donald Trump en 2025. Le pape devait y redire son inquiétude face aux dangers de l’intelligence artificielle, un dossier dont il a fait une priorité et pour lequel il presse les dirigeants de la planète de fixer des règles. Ses critiques de la guerre contre l’Iran lui avaient valu, plus tôt dans l’année, la colère du locataire de la Maison Blanche.

Après un bain de foule dans les rues de Paris, il présidera les vêpres à Notre-Dame. La cathédrale restaurée recevra ainsi sa première visite papale depuis l’incendie qui l’a en partie détruite en 2019.

Ce voyage est aussi, pour l’Église, une occasion de se confronter à un dossier douloureux. Un rapport publié en 2021 sous la supervision de Jean-Marc Sauvé avait révélé que quelque 330.000 enfants ont été victimes d’abus sexuels commis par des membres du clergé et des laïcs catholiques en France depuis 1950. Des mesures de protection et des réparations financières ont été mises en place, mais les victimes continuent de réclamer des comptes et davantage de prévention. Dimanche, à Lourdes, le pape doit s’entretenir avec sept personnes touchées par ces abus. Le Vatican, qui ne communique d’ordinaire qu’après ce genre de rencontres, n’a donné aucune précision.

Lundi, la tournée s’achèvera à Metz, ville proche de l’Allemagne et intimement liée à la construction européenne. Robert Schuman y a officié, figure majeure de cette histoire aujourd’hui en voie de béatification. Le thème affiché de cette dernière étape porte sur les racines de l’Europe pour la paix et l’unité. Emmanuel Macron a convié les dirigeants des vingt-sept États membres de l’Union européenne à venir à la rencontre du pape en Moselle, sans indiquer pour l’heure qui répondra présent.

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