Europe
Ceuta respire un peu, plus de 5.300 migrants ont regagné le Maroc en un mois
D’après le gouvernement espagnol, 5.321 personnes sont reparties volontairement vers le Maroc depuis le 10 août. Une bouffée d’air pour Madrid, qui reste…

D’après le gouvernement espagnol, 5.321 personnes sont reparties volontairement vers le Maroc depuis le 10 août. Une bouffée d’air pour Madrid, qui reste pourtant sous pression alors que des milliers de migrants demeurent sur ce petit territoire d’Afrique du Nord.
Ceuta, cette enclave espagnole collée au nord du Maroc, vit depuis l’été au rythme des arrivées massives. Les 30 et 31 juillet, plus de 70.000 personnes avaient franchi la frontière en seulement deux jours. La plupart avaient fait demi-tour dans les heures qui ont suivi. Mais plusieurs milliers sont restées sur place, et la vie quotidienne s’est depuis dégradée, entre épisodes de violence et rassemblements quasi quotidiens des habitants, qui réclament un retour à la normale.
Dimanche, l’exécutif espagnol a livré un premier bilan des départs. Angel Victor Torres, le ministre chargé de coordonner la réponse du gouvernement, a indiqué dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux que 5.321 personnes étaient rentrées volontairement au Maroc depuis le 10 août. Il a aussi précisé que 90 migrants avaient renoncé à leur demande de protection internationale et que près d’un millier étaient en train d’être enregistrés pour boucler leurs démarches de retour. Le même responsable n’a en revanche donné aucun chiffre sur le nombre de personnes encore présentes sur le territoire.
Car c’est là que le dossier devient politique. Pedro Sanchez, le Premier ministre socialiste, encaisse des critiques sur la rapidité avec laquelle les migrants sont renvoyés depuis cette enclave de 18,5 km² et 80.000 habitants. Le sujet s’annonce embarrassant à l’approche des élections prévues l’an prochain. Juan Jesus Vivas, le dirigeant de Ceuta issu du Parti populaire, principal parti d’opposition de droite, a avancé vendredi le chiffre de 13.000 migrants encore sur place. Les estimations du gouvernement, elles, sont nettement plus basses, une divergence qui alimente la controverse depuis des semaines.
Sur le terrain, la situation reste compliquée. Des migrants continuent de dormir dans les rues et de camper sur les plages, tandis que les habitants, persuadés d’avoir été abandonnés par Madrid, défilent régulièrement pour le faire comprendre. Face à cette pression, le ministère des Migrations a annoncé dimanche l’ouverture de 864 places supplémentaires dans des centres d’hébergement provisoires. Le total atteint ainsi environ 4.300 lits, avec l’objectif d’arriver à 6.000 dans un avenir proche.
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