Faits Divers
Un avocat parisien condamné pour harcèlement moral conserve le droit de plaider
Emmanuel Pierrat écope de deux ans de prison avec sursis pour avoir malmené ses collaborateurs pendant des années. Le tribunal lui permet pourtant de…

Emmanuel Pierrat écope de deux ans de prison avec sursis pour avoir malmené ses collaborateurs pendant des années. Le tribunal lui permet pourtant de continuer à exercer, une décision qui ne fait pas taire la colère de ses victimes.
Le verdict est tombé mercredi à Paris. L’avocat Emmanuel Pierrat, figure connue du barreau et défenseur de plusieurs personnalités du monde culturel, a été reconnu coupable de harcèlement moral sur ses employés entre 2015 et 2021. Les juges lui ont infligé deux ans de prison entièrement suspendus, sans aller jusqu’à lui interdire de travailler. Une issue que son avocate a saluée comme une victoire, tandis que les anciens collaborateurs, eux, criaient leur rage à la sortie de l’audience.
Pendant des années, le quotidien au sein du cabinet aurait été un enfer pour une dizaine de jeunes avocats et assistants. La présidente du tribunal a égrené la litanie des violences subies, des cris répétés aux humiliations, en passant par des objets jetés, des menaces et des ordres contradictoires. Elle a décrit des méthodes de management transformées en outils de soumission et d’écrasement. Une quarantaine de personnes avaient d’ailleurs témoigné durant l’enquête pour dénoncer ce mode de fonctionnement, et plus d’une quinzaine d’anciens collaborateurs se sont constitués partie civile.
Lors de son procès, l’homme de 58 ans avait plaidé coupable sans détour, évoquant un style de direction assumé comme un héritage du passé. Mais les séquelles laissées chez ses victimes racontent une tout autre histoire. Certaines ont versé des larmes à la barre, d’autres ont vu leur santé mentale se dégrader durablement. Plusieurs ont même fini par renoncer à la profession d’avocat, incapables de retrouver confiance après cette expérience. Le tribunal a relevé ces blessures, qui continuent de peser sur leur vie professionnelle et personnelle.
La question centrale était celle de l’interdiction d’exercer, réclamée par les parties civiles. Pour l’avocat condamné, une telle sanction aurait signifié la fin de sa carrière. La juge a estimé qu’elle n’était pas nécessaire, soulignant qu’il avait déjà été suspendu un an par son ordre et qu’il semblait avoir pris conscience de la gravité de ses actes. Sa thérapie, déjà entamée, a également joué en sa faveur. Son avocate a insisté sur le fait que cette décision lui permettra de continuer à travailler pour indemniser ses victimes.
La sortie du tribunal a pourtant été houleuse. Sous les cris de ses anciens employés, l’avocat est resté silencieux, le col de sa veste relevé. Certains manifestants ont évoqué une autre affaire qui le vise, une plainte déposée par l’écrivaine Eva Ionesco. Elle l’accuse de détenir des photographies à caractère pornographique la montrant enfant, prises par sa mère Irina Ionesco, décédée en 2022. Emmanuel Pierrat, exécuteur testamentaire de la photographe, se retrouve ainsi sous le coup d’accusations distinctes, qui n’ont pas été examinées lors de ce procès.
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