Faits Divers
Dans une forêt du Nigeria, le plus gros labo de meth jamais découvert est démantelé
Un hangar transformé en usine de drogue, caché au milieu des arbres. Des odeurs chimiques à des kilomètres à la ronde. Et derrière tout ça, des cartels…

Un hangar transformé en usine de drogue, caché au milieu des arbres. Des odeurs chimiques à des kilomètres à la ronde. Et derrière tout ça, des cartels mexicains. Les autorités nigérianes viennent de frapper un grand coup.
C’est un bâtiment abandonné, au cœur d’une forêt du sud-ouest du Nigeria. À l’intérieur, des cuves, des chaudrons, des fûts de produits chimiques. Tout l’équipement nécessaire pour fabriquer de la méthamphétamine. Les autorités ont mis la main sur ce laboratoire après qu’un procès lié à ce trafic a permis de localiser le site. Pour démanteler l’installation, la police antidrogue a même dû faire appel à un soudeur et un menuisier du coin, tellement l’usine était rudimentaire mais bien équipée. Le hangar s’étendait sur près de 4 000 mètres carrés, à la frontière de deux villages.
L’impact sur l’environnement est lourd. Les vapeurs toxiques étaient si fortes qu’une agricultrice du village voisin les prenait pour une porcherie. Le tribunal a ordonné le démantèlement du site pour des raisons de santé publique. Les nappes phréatiques et l’air étaient pollués par les produits utilisés, et des terres agricoles se trouvaient à moins de 500 mètres. Lors de l’inspection, les fûts de produits semi-finis, conservés comme preuves, dégageaient encore des odeurs suffocantes.
Cette découverte révèle une nouvelle donne dans le trafic de drogue en Afrique de l’Ouest. La région est déjà une plaque tournante pour la cocaïne venue d’Amérique du Sud vers l’Europe. Mais les cartels mexicains exportent désormais aussi leur savoir-faire pour produire de la méthamphétamine sur place. En mai, une descente avait permis d’arrêter dix personnes, dont sept Nigérians, et de saisir l’équivalent de 360 millions de dollars en meth et produits chimiques. Les autorités nigérianes assurent être prêtes à faire face à ces réseaux. Depuis 2011, les saisies et les démantèlements de labos se multiplient dans le pays.
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