News
L’archéologie sonore, une discipline qui fait résonner l’histoire

En captant les bruits de gestes ancestraux sur des chantiers historiques, une chercheuse française recompose les ambiances acoustiques des époques révolues, offrant une immersion inédite dans le passé.
Au cœur de la forêt bourguignonne, le chantier du château de Guédelon constitue un terrain d’étude exceptionnel. Depuis près de trois décennies, des artisans y bâtissent une forteresse en utilisant strictement les matériaux et les méthodes du XIIIe siècle. C’est dans ce cadre unique que Mylène Pardoën, chercheuse au CNRS, déploie ses micros. Son objectif est d’enregistrer chaque son produit par le travail manuel, du choc du marteau sur l’enclume au frottement de la scie sur le bois. Elle collecte ainsi les fragments d’une bande-son historique en voie de disparition.
Cette approche a donné naissance à une discipline scientifique à part entière, l’archéologie du paysage sonore. Loin de se contenter d’une simple collecte, il s’agit de reconstituer avec rigueur les ambiances acoustiques de périodes historiques pour lesquelles aucun enregistrement n’existe. La chercheuse puise ses sources dans les lieux où les gestes et les techniques anciennes sont encore pratiqués, constituant une banque de données de sons authentiques.
L’application la plus célèbre de ses travaux est le « projet Bretez », une restitution virtuelle et sonore du Paris du XVIIIe siècle. Pour animer les rues de la capitale sous Louis XV, les bruits de la vie quotidienne ont été méticuleusement recréés. Les sons captés à Guédelon, comme ceux de la taille de la pierre ou du forgeage, ont ainsi trouvé leur place dans ce tableau historique, évitant le recours à des simulations numériques.
Dans son laboratoire lyonnais, équipé de dizaines de haut-parleurs, Mylène Pardoën spatialise ces enregistrements. Cette technique permet de plonger l’auditeur dans une immersion totale, transformant une collection de sons en une expérience narrative palpable. Ses recherches ne se limitent pas au Moyen Âge. Elles s’étendent à des périodes bien plus reculées, incluant même la reproduction de sons liés à la taille du silex à la préhistoire.
Cette démarche scientifique a également trouvé des applications dans la préservation du patrimoine. Les travaux de la chercheuse ont notamment contribué aux études préalables à la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris, visant à comprendre son acoustique historique. En redonnant une voix aux époques passées, l’archéologie sonore enrichit notre compréhension de l’histoire d’une dimension sensible souvent négligée.

MondeEn Ligne 5 joursHaïti, 2 000 soldats salvadoriens débarquent et brouillent la carte sécuritaire
PolitiqueEn Ligne 6 joursMélenchon veut changer le patron de Bpifrance et faire gonfler l’épargne des Français
PolitiqueEn Ligne 5 joursLes maires de France perdent patience avec la double casquette de David Lisnard
CultureEn Ligne 6 joursEgrégore, le grand retour dansant de Mylène Farmer avec DJ Snake et Moby
PolitiqueEn Ligne 4 joursLe ministre écrit aux lycéens avant la rentrée pour défendre ses annonces
Faits DiversEn Ligne 5 joursTrois femmes accusent un gynécologue d’Ardèche de viols et de violences
EuropeEn Ligne 6 joursAndorre retire la menace de prison aux femmes qui avortent, mais pas aux médecins
SportsEn Ligne 4 joursÀ 40 ans, Giroud fait basculer le derby du Nord
















