Monde
La jeunesse marocaine maintient la pression pour des réformes sociales

Malgré les violences survenues lors des précédentes manifestations, des milliers de citoyens ont défilé pacifiquement jeudi pour réclamer une amélioration des services publics fondamentaux.
De nouvelles manifestations ont rassemblé jeudi des jeunes Marocains dans plusieurs villes du royaume, poursuivant une mobilisation inédite initiée par le collectif GenZ 212. Pour le sixième jour consécutif, les participants ont exprimé leurs revendications concernant l’amélioration des systèmes de santé et d’éducation, au lendemain d’incidents ayant entraîné la mort de trois personnes.
Le mouvement social, caractérisé par son organisation spontanée via les réseaux sociaux, trouve son origine dans le décès de huit femmes enceintes survenu mi-septembre dans un hôpital public d’Agadir. À Rabat, des dizaines de manifestants ont arboré des drapeaux nationaux dans le quartier commerçant d’Agdal en scandant des slogans réclamant l’accès aux soins et à l’instruction. La capitale a connu un rassemblement qui s’est déroulé dans le calme, à l’image d’autres rassemblements pacifiques organisés à Casablanca, Marrakech et Agadir.
Le collectif GenZ 212, qui revendique 150 000 membres sur sa plateforme Discord, se présente comme un espace de discussion apolitique rassemblant des « jeunes libres ». Ses fondateurs restent anonymes. Avant les manifestations, le mouvement avait réaffirmé son attachement à la non-violence et appelé ses sympathisants au respect du caractère pacifique des rassemblements.
Les autorités ont pour leur part fait état d’incidents survenus la veille dans le sud du pays, où trois individus ont perdu la vie lors d’une tentative d’intrusion dans une brigade de gendarmerie. Le ministère de l’Intérieur a qualifié l’intervention des forces de l’ordre de légitime défense, précisant que les suspects cherchaient à s’emparer d’armes et de munitions.
Dans un contexte marqué par d’importants projets d’infrastructure en préparation de la Coupe du monde 2030, les manifestants ont réitéré leur demande de priorisation des investissements sociaux. « Nous voulons des hôpitaux, pas seulement des stades », ont-ils clamé, soulignant les disparités d’accès aux services essentiels.
Le gouvernement a exprimé son ouverture au dialogue tout en déplorant les actes de vandalisme commis par des éléments extérieurs au mouvement. Des dégradations matérielles importantes ont été enregistrées lors des précédentes manifestations, touchant notamment des véhicules officiels et des établissements publics. Les autorités sanitaires ont pour leur part reconnu les insuffisances persistantes du secteur de la santé malgré les réformes engagées.

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