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30 000 tonnes de cerises pourquoi les producteurs s’alarment

La France s’apprête à cueillir une récolte de cerises historique avec 33% de fruits en plus que d’habitude. Mais plus de cerises ne signifie pas plus de…

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30 000 tonnes de cerises pourquoi les producteurs s'alarment

La France s’apprête à cueillir une récolte de cerises historique avec 33% de fruits en plus que d’habitude. Mais plus de cerises ne signifie pas plus de ventes et les arboriculteurs redoutent une crise.

C’est un paradoxe qui donne du fil à retordre aux producteurs. Cette année, le ciel a été clément avec les cerisiers. Pas de pluie diluvienne, pas de grêle, un temps idéal qui a gonflé les branches. Résultat, on attend plus de 30 000 tonnes de cerises. Une productrice de la région lyonnaise résume la situation simplement. D’habitude, il faut composer avec des intempéries et des caprices météo. Cette fois, rien de tout ça. Le fruit a poussé en abondance. C’est une aubaine pour les amateurs de ce fruit d’été, mais un véritable casse-tête pour ceux qui les cultivent.

Le problème majeur tient en un mot le stockage. Contrairement à une pomme qui peut patienter des mois dans un entrepôt frigorifique, la cerise est une diva qui ne supporte pas l’attente. Une fois cueillie, elle doit être expédiée chez les grossistes le soir même, arriver en magasin le lendemain. Impossible de la garder au frais pour réguler les flux. Les producteurs sont donc totalement dépendants de la demande des consommateurs. Si le public n’achète pas, le fruit se perd ou se brade.

Et justement, pour l’instant, les ventes ne décollent pas. Les observateurs du marché constatent une consommation timide. Les opérateurs s’inquiètent. Dans le bassin Sud-Est, principale région productrice, la demande reste insuffisante au regard des volumes disponibles. Cette frilosité des acheteurs se ressent directement sur les prix. Les cerises se retrouvent en rayon entre cinq et huit euros le kilo selon les variétés et les régions. Un tarif accessible qui pourrait attirer les gourmands, mais qui ne suffit pas à rassurer les arboriculteurs. Pour eux, ces semaines de vente sont les seules de l’année après onze mois de travail. Une saison aussi généreuse peut vite tourner au casse-tête si personne ne croque la cerise.

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