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Zéro pesticide en plein champ le pari réussi d une agriculture sans chimie

Pendant dix ans, des chercheurs ont cultivé sans aucun pesticide. Leur conclusion c est possible et rentable, à condition d accepter quelques compromis.

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Zéro pesticide en plein champ le pari réussi d une agriculture sans chimie

Pendant dix ans, des chercheurs ont cultivé sans aucun pesticide. Leur conclusion c est possible et rentable, à condition d accepter quelques compromis.

C’est une petite révolution dans le monde agricole. Pendant une décennie, neuf sites en France ont testé une culture sans le moindre produit phytosanitaire. L’objectif n’était pas de copier le bio mais d’explorer un modèle hybride avec engrais minéraux et zéro pesticide. Le résultat surprend par sa viabilité technique et économique. Les scientifiques ont fait le choix d’une rupture nette avec le système conventionnel pour voir ce qui fonctionne vraiment quand on respecte mieux la nature.

Les rendements ne sont pas toujours au niveau du conventionnel. Mais ils dépassent souvent ceux du bio. Pour les céréales, les récoltes atteignent 75 à 80 quintaux à l’hectare dans certains sites, au-dessus de la moyenne nationale. Côté finances, chaque exploitation peut dégager entre un et trois Smic. Dans 80% des cas, le revenu atteint au moins deux Smic. Preuve que l’économie tient, même sans le parapluie chimique. Reste une variabilité plus forte selon les années, les territoires et les plantes. Le pois chiche a eu du mal en Occitanie, tandis que betteraves et blé ont prospéré au nord de la Loire.

Le zéro pesticide expose davantage les cultures aux maladies et aux insectes. Pour y faire face, les chercheurs ont misé sur la diversité. Des variétés résistantes ont été développées, comme le blé Géopolis qui tient tête à la rouille jaune. Des bandes fleuries abritent vingt-deux espèces de plantes pour attirer les prédateurs naturels des pucerons. Dans les champs, les syrphes et les rapaces deviennent alliés des agriculteurs. Pour les mauvaises herbes, le désherbage mécanique et un labour dosé remplacent les herbicides. L’allongement des rotations et le décalage des semis complètent la stratégie.

Au-delà des parcelles, les bénéfices s’étendent bien plus loin. Sols plus sains, eau moins polluée, biodiversité retrouvée. Les coûts de dépollution et de santé publique disparaissent du calcul. Pour vraiment mesurer la performance, expliquent les chercheurs, il faut intégrer ces services rendus à la société. L’expérience prouve qu’une agriculture sans pesticide n’est pas une utopie. C’est une piste concrète qui demande de repenser en profondeur nos façons de cultiver.

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