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Économie

Wall Street parie sur la paix, l’Europe reste prudente

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Alors que les investisseurs américains misent sur une issue diplomatique au Moyen-Orient, leurs homologues européens affichent une retenue marquée, reflet d’un climat géopolitique toujours incertain.

À l’ouverture des marchés new-yorkais, l’optimisme dominait. Le Nasdaq, porté par les valeurs technologiques, grimpait de plus de 1%, tandis que le Dow Jones et le S&P 500 progressaient respectivement de 0,28% et 0,73%. Cette confiance contrastait nettement avec l’ambiance morose observée sur les places européennes. Paris et Francfort reculaient de près de 0,7% en milieu de journée, Milan oscillant autour de l’équilibre. Londres échappait à la tendance avec une légère hausse de 0,61%, malgré la chute de British Petroleum, qui abandonnait près de 5% après le départ précipité de son président, écarté pour des motifs de gouvernance.

Selon les analystes, l’enthousiasme initial suscité par les espoirs de paix s’est en partie dissipé. Les frappes américaines sur le territoire iranien, intervenues dans la nuit, ont douché les attentes d’une issue rapide aux négociations. Bien que Téhéran n’ait pas officiellement confirmé l’information, le guide suprême a préféré insister sur le déclin supposé de l’influence américaine dans la région. Les marchés digèrent donc des signaux contradictoires, après un week-end marqué par des anticipations optimistes qui avaient fait chuter le pétrole de 6% lundi et déclenché un vaste mouvement de hausse sur les actions et les obligations.

Le baril de Brent, référence mondiale, se maintenait juste sous la barre des 100 dollars, en hausse de plus de 3%. Les experts estiment que les investisseurs ne tablent plus ni sur une escalade régionale immédiate, ni sur un dénouement rapide. Le rebond du brut reflète une réintégration partielle de la prime géopolitique dans les prix, alors que le détroit d’Ormuz, par lequel transite un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux, reste un point névralgique du conflit. Toute menace pesant sur le trafic maritime se répercute instantanément sur les marchés de l’énergie.

La remontée des prix du pétrole alimente par ailleurs les craintes inflationnistes, ce qui se traduit par une pression haussière sur les rendements obligataires. Le taux de l’emprunt allemand à dix ans, référence en zone euro, remontait à 2,98%, tandis que celui de la France atteignait 3,59%. Les analystes anticipent des périodes de repli de ces rendements à mesure que les risques géopolitiques s’atténuent, mais soulignent que la guerre en cours représente des risques budgétaires et inflationnistes durables. Pour les marchés actions, le renchérissement du coût du capital pèse sur les valorisations et menace de ralentir la consommation et l’investissement des entreprises. Dans ce contexte, le dollar reculait légèrement face à l’euro.

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