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Culture

Une fronde littéraire sans précédent éclate contre l’empire Bolloré

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_**En réaction au départ forcé de son directeur historique, plus d’une centaine d’auteurs de la prestigieuse maison Grasset annoncent leur départ collectif, dénonçant une menace directe sur l’indépendance de l’édition.**_

Une lettre ouverte, rendue publique dans la nuit de mercredi à jeudi, a marqué un tournant dans le paysage éditorial français. Plus de cent écrivains, publiés par les éditions Grasset, y déclarent leur intention de quitter la maison. Cette décision collective, d’une ampleur inédite, constitue une réponse directe à l’éviction d’Olivier Nora, pilote de l’entreprise depuis plus de vingt-cinq ans. Les signataires y voient la main de Vincent Bolloré, dont le groupe Hachette a pris le contrôle de Grasset en 2023, et une atteinte fondamentale à la liberté intellectuelle.

L’initiative est née dans l’urgence, quelques heures après l’annonce du départ d’Olivier Nora. Par messages et appels téléphoniques, un mouvement s’est rapidement organisé, transcendant les clivages politiques et esthétiques habituels. Des personnalités aussi diverses que Frédéric Beigbeder, Bernard-Henri Lévy, Sorj Chalandon ou Caroline Fourest se sont retrouvées, mercredi soir, dans un café du centre de Paris pour sceller leur alliance. L’ancien directeur, décrit comme un « ciment », avait su préserver, selon eux, un espace de création autonome face aux pressions des grands groupes.

La rédaction du texte a donné lieu à des échanges parfois vifs, tant les sensibilités et les engagements des uns et des autres pouvaient diverger. L’objectif commun a toutefois prévalu, aboutissant à une prise de position unie contre ce qui est perçu comme une « mise au pas » éditoriale. Au-delà du symbole, des questions pratiques et juridiques se posent désormais. De nombreux auteurs explorent les voies légales pour récupérer leurs droits, espérant faire reconnaître une forme de clause de conscience pour les écrivains, à l’image de celle dont bénéficient les journalistes.

Cette fronde intervient à la veille de l’ouverture du Festival du livre de Paris, lui donnant une résonance particulière. Elle laisse aussi en suspens le devenir de la maison Grasset et celui des auteurs signataires. Si la publication de la tribune représente une première étape, les initiateurs du mouvement le considèrent comme le début d’un combat plus large pour la défense de l’édition indépendante. L’avenir dira si cette mobilisation exceptionnelle parviendra à infléchir les logiques industrielles qui transforment aujourd’hui le monde du livre.

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