Société
Une élue face à l’ombre de la soumission chimique


Portée par une affaire qui a secoué la classe politique, la députée Sandrine Josso s’est imposée, à son corps défendant, comme une figure centrale du combat contre les violences par substances psychoactives. Elle entend désormais transformer l’épreuve personnelle en levier d’action publique.
À la veille de l’ouverture d’un procès très attendu, l’élue se décrit rongée par les séquelles de l’événement, mais résolue à poursuivre son engagement. Des problèmes de santé persistants témoignent, selon elle, d’un état de tension permanent. Elle affirme néanmoins avoir choisi de considérer cette épreuve comme une mission, estimant devoir mettre à profit sa propre expérience pour faire avancer la cause des victimes.
Son dépôt de plainte, à l’automne 2023, avait provoqué un séisme institutionnel. Les circonstances alléguées, impliquant un collègue parlementaire, ont brutalement fait sortir la question de la soumission chimique du seul cadre festif pour l’installer au cœur du débat public. La parlementaire dit avoir alors découvert l’ampleur des difficultés rencontrées par les personnes concernées, notamment en matière de preuve et de reconnaissance.
Dans la foulée, elle a accepté le parrainage d’une association dédiée à ce combat et s’est vu confier une mission parlementaire spécifique. Celle-ci a abouti à un rapport conjoint appelant à un renforcement significatif des politiques publiques. Son action est saluée au plus haut niveau pour avoir permis d’ériger ce fléau en priorité politique.
Ce combat s’inscrit dans un parcours déjà marqué par d’autres engagements forts. Élue députée en 2017, elle avait notamment promis à sa fille, alors atteinte d’une grave maladie, de porter la voix des familles confrontées au cancer pédiatrique à l’Assemblée nationale. Elle a depuis œuvré sur plusieurs textes législatifs concernant les droits des femmes, dont l’un visant à améliorer le suivi médical après une fausse couche.
Si elle reconnaît être devenue, malgré elle, une figure associée à ces sujets de société, elle y voit aujourd’hui une responsabilité. La députée déplore le silence qui entoure encore trop souvent les violences sexuelles et estime que la réponse de l’État reste insuffisante. L’heure est désormais, selon ses termes, à l’action concrète, alors que les attentes sont immenses.





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